jésus, expert en humanité, se laisse transformer par la parole de l’autre Enregistrer au format PDF

Mercredi 19 août 2020
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Est-il un récit évangélique plus étonnant que celui de la syro-phénicienne pour s’en persuader ? Entendre la voix d’une étrangère ; plus, se laisser toucher par le cri d’une femme , alors qu’une double barrière sociale a creusé un fossé entre juifs et païens, faut le faire !… La réaction des disciples le dit bien : Envoie-la promener… on n’a rien à voir avec elle !

Son appel persévérant vient - elle déranger et ébranler les convictions intimes de Jésus qui se dit envoyé seulement « aux brebis perdues de la maison d’Israël » ? Fait-il prendre conscience à Jésus que ses dons de thérapeute ne sont pas réservés à ses coreligionnaires ? que toute souffrance humaine a besoin d’être considérée, que le droit à la santé, le salut est pour tous… homme ou femme , enfant, croyant et mal-croyant, voire athée…

Jésus n’est pas enfermé dans son propre univers culturel, emprisonné dans le qu’en dira - t - on… Toujours en écoute, il se laisse enseigner par qui l’approche.

La parole par laquelle Jésus se montre vaincu est frappante : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux » Puissance d’une parole de confiance, même sur celui qui est la Parole ! Frappante cette parole car elle peut nous renvoyer à celle d’une autre femme, Marie, celle en qui la Parole s’est incarnée, et dont la totale confiance en celle de l’Ange a fait dire : « Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lu1,38) Ce que dit Jésus ressemble à ce que dit sa mère…

Jésus… et sa mère … se soumettent à la transcendance de la parole étrange, étrangère (car elle vient d’ailleurs ) qui crée du nouveau.