Une rencontre peu ordinaire Enregistrer au format PDF

Samedi 28 septembre 2019 — Dernier ajout lundi 21 octobre 2019
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Il est des informations qui encombrent inutilement les ordinateurs ; d’autres méritent considération. A chacun de discerner l’utile ! C’est ainsi qu’une communication venant de la région de St Brieuc nous a conduites à Rennes par un après midi d’allure estivale.

Car cet après-midi du 7 septembre commémorait le 800e anniversaire de la rencontre entre François d’Assise et le sultan al-Kamil. Celle-ci eut lieu à Damiette, en Egypte en 1219.

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Avec le soutien du diocèse de Rennes, de l’ordre des frères mineurs, de l’association « Amitiés entre les religions » et de la ville de Rennes par mise d’une salle à disposition, l’Institut des hautes études islamiques du dialogue rappelait une fois de plus aux nombreux participants, l’importance du dialogue inter-religieux. Des intervenants de haute compétence ont décliné un discours qui pouvait paraître trop dense Fort heureusement, les interventions étaient entrecoupées de préludes musicaux à la harpe et à la rave qui nous conduisaient en Orient.

Le thème de l’après-midi :

De la rencontre de François d’Assise et du sultan, quels enseignements pour aujourd’hui

En ouverture, Mgr d’Ornellas nous a entretenus de la fraternité, comme « appel et chemin à construire » en prenant soin de considérer l’autre, qui qu’il soit, comme égal à soi-même….

Puis, le franciscain Guénolé Jeusset nous a retracé le contexte historique dans lequel eut lieu la rencontre entre François et le sultan. Contexte de guerre : les Croisades qui opposaient farouchement les chrétiens défenseurs du tombeau du Christ, aux sarrasins qui avaient pris possession des lieux. A la faveur d’une trêve, François décida de franchir les lignes ennemies pour rencontrer le sultan. Il savait qu’il y risquait sa vie. Sa démarche, teintée de souci de prosélytisme, se voulait œuvre de réconciliation… Malgré la courtoisie de l’accueil, ce fut un échec cuisant ! Mais François eut la vie sauve !… Et pardessus tout, ce qui changea son regard, c’est la rencontre d’hommes priants : « Nous sommes frères par la communion dans la prière, » disait-il, Il découvrit alors qu’il avait « en face de lui des priants et non des fils du diable »

Un sociologue musulman, Oméro, insista sur le dialogue. Il mit en lumière son double mouvement de relation avec autrui et de retour réflexif sur soi-même., car il n’y a dialogue que si on se laisse « traverser par la parole de l’autre ». « Je ne peux prétendre posséder la vérité, disait-il, elle se trouve près de Dieu » .

(à suivre)