Rencontre sous un réverbère Enregistrer au format PDF

Histoire de clefs
Mercredi 18 juin 2014
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Un soir, vous vous promenez tranquillement dans la rue. Tout à coup, vous apercevez un Monsieur arrêté sous un réverbère.

Un soir, vous vous promenez tranquillement dans la rue.

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Tout à coup, vous apercevez un Monsieur arrêté sous un réverbère. Visiblement éméché, il scrute désespérément le trottoir. Il a sûrement perdu quelque chose. Vous vous approchez et votre bon cœur vous dit que vous ne pouvez pas passer votre chemin sans le secourir.

  • "Vous avez perdu quelque chose, Mr.?
  • "Oui, j’ai perdu mes clefs" vous répond-il.

Avoir perdu ses clefs à cette heure tardive, c’est une catastrophe ! Vous vous mettez, vous aussi, à scruter minutieusement le trottoir, persuadée que vous êtes, d’y voir un peu plus clair que lui ! Au bout de quelques minutes, étonnée de ne trouver aucune trace de clefs, vous lui demandez :

  • "Vous êtes bien sûr que c’est ici que vous les avez perdues, vos clefs ?
  • "Non, vous répond-il, elles sont tombées un peu plus loin, là-bas, mais là-bas il n’y a pas de lumière."

On peut ainsi chercher la solution à un problème, là où on se croit sûr de ne pas la trouver. Sans se l’avouer, sans même le savoir, certaines personnes ont besoin de garder leur problème et sa solution parce que c’est le seul moyen qu’elles ont trouvé pour attirer cette attention dont nous avons tous besoin comme de l’air que nous respirons. Depuis toujours, parfois depuis l’enfance, ces personnes ont compris qu’elles n’existent aux yeux des autres que lorsqu’elles sont en difficulté. Dès que la solution est trouvée, elles ont l’impression de tomber dans une indifférence générale. Aussi leur inconscient leur dicte toutes sortes d’astuces pour différer la solution ou la rendre introuvable, même si celle-ci paraît évidente Vous avez beau leur proposer des solutions, la réponse est toujours : "Oui, mais…là-bas il n’y a pas de lumière ». Et ne croyez pas qu’elles font semblant. Vous êtes la seule à penser qu’il vaut mieux chercher les clefs là où elles sont tombées, même si le lieu est sombre, plutôt que sous la clarté d’un réverbère où on est sûr qu’elle ne sont pas.

Tout irait mieux pour ces personnes si elles reconnaissaient que leur problème n’est pas une affaire de « clefs » mais un besoin d’exister pour quelqu’un rien qu’un instant, serait-ce pour rechercher des clefs là où il n’y a aucune chance de les trouver ! Comment leur faire comprendre que pour exister aux yeux des autres, il n’est pas nécessaire de les aborder avec cette parole supposée magique : « J’ai un problème ! » M’est d’avis, qu’à la longue, elle va provoquer l’effet inverse de celui qui est recherché.

Certains pensent qu’il suffit d’insister pour que tout problème soit résolu. Ils s’entêtent dans leur manière de chercher la solution. D’abord la lumière ! Autrefois on pouvait déplacer la lampe vers le lieu où la clef était tombée. Mais que faire quand la lumière tombe d’un réverbère fixe, là-haut et là-bas ? Ils n’ont pas appris à chercher à tâtons ! Cependant c’est parfois dans l’obscurité que brille la clef de nos problèmes.

Mieux vaut chercher à tâtons, dans l’obscurité, là où nous avons quelque chance de trouver, plutôt que d’user nos yeux à scruter le vide sous une lumière éblouissante. .

N’oublions pas que c’est dans une nuée lumineuse en non dans la pleine lumière que Dieu guidait les Hébreux à travers le désert et que résonnait sur le Thabor sa voix désignant Jésus comme son Fils bien-aimé.

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