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Dimanche 1er mars 2020 — Dernier ajout lundi 2 mars 2020
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Sujet d’émerveillement que les premiers versets de la première lecture que nous propose l’Eglise en ce 1er mars, premier dimanche de Carême !

L’humanité « tirée de la poussière du sol » : pas de quoi s’émerveiller ! La poussière, nous nous empressons de l’ôter de nos chaussures… Même réflexe par rapport aux étagères de nos bibliothèques… la poussière : quelque chose sans consistance… un rien, un presque rien ! Il en faut une couche pour qu’elle se laisse voir… Et c’est de cela que nous sommes pétris !. Le Seigneur Dieu ne méprise pas ce qui est insignifiant ; au contraire, il s’en sert pour lui donner forme…

Créant Adam

Et ce qui est plus merveilleux encore, c’est qu’à cette forme modelée de sa main, il donne « un souffle de vie » ! « L’homme devient un être vivant » Il peut tenir debout… marcher… nous voilà élevés en dignité ! Et si notre curiosité déborde quelque peu le texte proposé, nous lisons un autre motif d’émerveillement car que Dieu "créa l’homme à son image et ressemblance" !. Dignité plus grande encore ! Habitués à entendre cette formule, nous pouvons parfois avoir quelque difficulté à en saisir toute la profondeur !

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Et ce n’est pas tout ! Le Seigneur Dieu place l’homme dans un « jardin » où poussent « toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux », un « jardin de délices ». Un jardin à contempler ! tant de belles réalités naturelles autour de nous ! "Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous" nous rappelle le pape François. Se réjouir… rendre grâce !… Ce jardin est « à l’orient ». Nous n’y cherchons pas une localisation géographique mais plutôt une signification symbolique : il est orienté vers le soleil levant.

Dans ce jardin, l’homme n’est pas au centre ! Au milieu, il y a l’arbre de vie !.. et, on ne sait trop où, « l’arbre de la connaissance du bien et du mal ».. Deux directions entre lesquelles il nous faut choisir. La route qui va vers le centre conduit à la vie !

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Et voilà que résonne à nos oreilles l’interdit : « tu ne mangeras pas du fruit de la connaissance du bien et du mal ! » Nous sommes élevés à la dignité de personnes à la ressemblance du créateur, aimés, choyés, mais limités ; nous ne sommes pas Dieu… Jamais nous n’accéderons à la connaissance totale et entière du mystère de la vie, de l’être, de la mort…. Jamais nous n’aurons la domination totale du réel, ce à quoi aspire le monde aujourd’hui ! Au contraire, nous sommes témoins que la nature se révolte , même contre l’homme, lorsqu’il tente de la maîtriser outre mesure !… Mais le serpent, le malin rôde sans cesse autour pour, en faussant le langage, nous faire franchir les limites.

La limite ! Dieu, en prenant le chemin de l’homme, en « descendant avec » l’homme" y a été confronté…. L’homme-Dieu a su se réfugier dans le cœur du Père pour se détourner de la voix qui tentait de séduire ce qui aurait pu être un désir de toute puissance (Mt 4, 1-11)

La limite prend différents visages au fil des ans. Y consentir, avec toutes les difficultés que cela comporte, la regarder en face au lieu de l’occulter, ne serait- ce pas prendre le chemin de la vie ? Nous qui aimons la vie, osons prendre le chemin qui y conduit, nous confiant à Celui qui est Amour et Vie.