Plœuc sur Lié (Côtes d’Armor), mars 2019 : Bénédiction de la nouvelle maison paroissiale. Enregistrer au format PDF

Lundi 25 mars 2019
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Ce samedi 16 mars 2019, répondant à l’invitation envoyée aux Sœurs par la communauté chrétienne, nous nous sommes retrouvées 12 Filles du Saint Esprit, à l’église de Plœuc, diocèse de Saint-Brieuc, pour la messe dominicale de 18 h présidée par Mgr Moutel, notre évêque.

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A l’issue de la célébration, les quelque 200 personnes présentes ont été invitées à suivre l’Evêque, Mr le Maire, les responsables de l’E.A.P, la chorale, …jusqu’à la nouvelle Maison Paroissiale. Après un bref temps de prière, Mr Pierre-Michel Connen, référent pour l’équipe d’animation pastorale de Ploeuc, s’est adressé au Père Moutel :

« Mgr, vous allez, après avoir béni cette maison, dévoiler le nom des deux salles de réunion qu’elle comporte. Ces noms ont émergé après un processus auprès des paroissiens qui ont ainsi voulu saluer deux serviteurs de l’église qui ont porté haut le service de la mission à travers leur sacerdoce ou leur vie consacrée. Nous souhaitions en effet que nos deux salles de réunion soient porteuses d’une mémoire et d’un message. Mémoire de la présence de l’Eglise et du service auprès des hommes et des femmes de leur temps, message à ouvrir notre Eglise qui doit se rendre visible et lisible aux chrétiens et aux non chrétiens et pour cela, comme nous y invite le pape François, à se rendre aux périphéries pour poursuivre la mission. »

La salle d’en-bas a été dédiée à l’Abbé André Haran, arrivé jeune vicaire à Plœuc en 1955, et dont le dynamisme et le dévouement ont profondément marqué la population. « Pour nous, souligne le président de l’E.A.P, cet événement doit nous encourager à poursuivre la mission de l’annonce de la bonne nouvelle de Jésus-Christ et de la transmission de notre histoire aux jeunes générations ».

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Quant à la salle du 1er étage, les Plœucois ont choisi de la dédier à Sœur Paul Célestin (Jeanne Férec) que tous connaissaient sous le nom de Sœur Piqûre… Les Annales nous apprennent qu’elle a en effet été infirmière à Plœuc de 1953 à 1959, allant par tous les temps « piquer » les malades jusqu’aux hameaux les plus reculés. Des gens au grand cœur avaient alors pensé que la Mairie devrait lui offrir une mobylette pour la soulager dans ses déplacements. Ayant essuyé un refus, ils ne se sont pas tenus pour battus : en 1956, du 1er au 14 janvier, 34 paroissiens (33 hommes et 1 femme) ont alors entrepris de sillonner la commune en faisant du porte-à-porte afin de collecter la somme qui leur permettrait de réaliser leur vœu. Le résultat a largement dépassé les espérances. Non seulement ils ont pu acheter « une mobylette bien perfectionnée, douce, facile à régler », et un stérilisateur (pour la stérilisation des seringues et aiguilles), mais il restait encore de l’argent, qu’ils déposèrent chez le notaire… pour « servir aux dépenses futures : essence, réparations » !…

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Clin d’œil par-delà les 63 années écoulées depuis ces événements : « Monsieur Jean », 20 ans à l’époque de ces faits, était là parmi nous, mémoire intacte …

Mr Connen, saluant « la présence de la mère supérieure et de nombreuses religieuses qui ont tenu à venir aujourd’hui partager ce moment », atteste que la paroisse et tous les habitants restent dans le souvenir du dévouement des religieuses qui se sont succédé à Ploeuc pendant plus de 200 ans pour l’instruction des enfants et le soin de tous (217 ans exactement, de 1777 à 1994). Il évoque l’histoire des Filles du Saint-Esprit : « C’est dès le XVIIIe siècle qu’elles fondent l’une des plus importantes communautés du diocèse. Elles vont se dévouer pour l’éducation des jeunes filles, elles vont se préoccuper de la santé physique et morale des jeunes et des moins jeunes avec un dévouement que tous leur reconnaissent dans des conditions difficiles et parfois dans un contexte hostile. Elles souffriront les dénonciations pendant la révolution. Elles devront cacher leur activité. Plus tard alors que le calme semblait revenu avec le concordat de 1801, ce sera la guerre des congrégations qui les obligera à transformer leur vie et leur engagement pour poursuivre l’œuvre d’éducation et d’enseignement. Le début du XXe siècle aura lui aussi son cortège de difficultés que la communauté saura surmonter pour poursuivre l’annonce de l’Évangile. »

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Et il conclut « … Parfois nous avons, nous, tendance à nous complaire dans quelques plaintes sur les difficultés de ce siècle sans voir combien ceux et celles qui nous ont précédés ont su toujours trouver les moyens de les surmonter. »

Mgr Moutel a alors procédé à la bénédiction des salles et au dévoilement des plaques, et la soirée s’est poursuivie dans une ambiance de grande convivialité, de partage de souvenirs intarissables et d’un buffet-dînatoire admirablement préparé par des petites mains au grand cœur !