Noël, rumeurs d’enfance Enregistrer au format PDF

Jeudi 19 décembre 2019
0 vote

«  Quand j’entrerai chez Dieu, c’est l’enfant que je fus qui me prendra par la main », a écrit Georges Bernanos. Mais Dieu lui aussi, est venu vers nous, est entré chez nous en se faisant petit enfant et nous l’avons pris par la main.

Premiers cris du nouveau-né, premières gorgées de lait, premières caresses, premiers sourires, premières paroles murmurées, premiers pas de Dieu sur notre terre.

Plus tard Jésus dira : «  Si vous ne devenez comme des enfants, vous n’entrerez pas dans la Maison de Dieu ». Alors, si nous voulons cheminer avec lui vers le Père, qu’attendons-nous pour réveiller l’enfant qui sommeille en nous ? Ce n’est pas à la dernière minute qu’il est bon d’y penser.

tenir un enfant

Vivre, c’est préparer notre seconde naissance : « C’est une erreur de croire qu’il faut naître pour vivre. C’est tout le contraire : Il faut vivre pour naître, car vivre c’est accoucher de soi-même  » (Jean Debruynne). Il n’est pas plus surprenant de naître deux fois plutôt qu’une. À la fin comme au commencement, moins de paroles, retour aux rires et aux pleurs. Sagesse égayée d’un brin de folie. Adieu aux « je sais » et place à l’étonnement et aux « pourquoi ? ». Donner la main et prendre la main pour ne pas tomber.

C’est Noël !

Serre bien fort la petite main de l’enfant Jésus.

Il te guidera sur le chemin tracé par amour, rien que pour toi.

Il t’apprendra qu’aimer c’est d’abord te laisser aimer.

Il t’apprendra à recevoir gratuitement ton pain quotidien,

à accepter des décisions que d’autres prennent pour toi,

à obéir sans vouloir toujours tout comprendre.

Il t’apprendra ce que regarder, entendre, toucher veulent dire.

Il t’apprendra à t’émerveiller devant l’oiseau qui picore,

le poisson qui danse dans son bocal,

le cheval qui attend une caresse,

le brin d’herbe qui brille au soleil.

Comme l’enfant, si tu n’as rien à donner et tout à recevoir, petit garçon

il t’apprendra que tes sourires offerts chaque jour,

sont aussi précieux que toutes les perles du monde.

Il t’apprendra à t’étonner de l’évidence,

à rire sans modération et à pleurer sans honte,

à voir une porte s’entrebâiller pour une heureuse rencontre,

à vaincre ta peur face aux heures sombres de l’avenir.

Quand tes jambes fatiguées refuseront de répondre à ton désir d’aller vers, il t’apprendra à accepter humblement le bras qui s’offre à toi pour la traversée des passages difficiles et dangereux. Quand tu seras assigné à résidence, comme un retour à ton berceau originel, il t’apprendra à t’en remettre à ceux qui viendront vers toi.

Fais confiance à ton cœur d’enfant. Où il te dira d’aller, va, sans peur, sans connaître à l’avance la longueur et les aspérités de la route, ni ce qui t’attend au bout du chemin. De tout ce que tu as appris dans ta longue ou courte vie, tu peux tout oublier, sauf ceci : Vivre c’est aller vers…

Comme Abraham : va vers toi, va pour toi ! Sur le fil du temps, retrouve dans ton cœur, dans tes yeux, dans ta vie, la confiance candide de l’enfant que tu as été. Il te conduira vers le Père.

Avec les bergers, «  allons donc jusqu’à Bethléem voir ce qui est arrivé… le nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ! » (Lc 2, 22)

bebe

«  Regardez l’enfant. Cette faiblesse c’est Dieu. Cette faiblesse qui a besoin de tous, c’est Dieu. Cet être qui cesserait d’exister sans nos soins, c’est Dieu  ». (le philosophe Alain).