L’autre un chemin vers soi Enregistrer au format PDF

Vendredi 31 janvier 2020
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«  Pour être soi il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre ». (J.P. Vernant)

RENCONTRE

Les convictions de l’autre, différentes des miennes, parfois opposées, me font réfléchir sur mes propres certitudes et mes valeurs. Elles m’incitent à les remettre en cause, à chercher pourquoi je les défends. Elles m’aident à débusquer dans mon subconscient, préjugés et clichés, et à les dépasser. Les convictions de l’autre m’interrogent sur les origines de mes propres certitudes et de mes réactions émotionnelles. Elles relativisent ce qui m’est toujours apparu comme une évidence. Elles font tomber les barrières en introduisant le doute libérateur. Ce n’est pas parce que j’ai raison que l’autre a forcément tort et vice-versa.

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En accueillant l’autre, je sais mieux qui je suis et je découvre d’autres chemins vers la vérité, le bonheur, le sens de la vie. Ce travail est difficile et permanent. Il est exigeant et préalable à tout véritable dialogue. Ouverture à l’autre dans sa différence. Respect de celui qui pense autrement, vit autrement. Hospitalité intérieure offerte à celui qui m’est étranger. Croire qu’il y a de l’inconnu à découvrir en moi et en l’autre.

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Aimer ce que l’on n’est pas est un geste radical et périlleux. C’est donner du pouvoir à l’autre sur moi avec la confiance (non prouvée) qu’il n’en abusera pas. Seul l’amour est de taille à affronter l’irruption d’autrui dans mon univers. Pour accueillir en moi cet étranger qu’est l’autre, et pour me recevoir de lui dans un dialogue franc, ouvert et bienveillant, il faut la déprise de l’amour.

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