Il m’a conduit là où je ne voulais pas aller ! Enregistrer au format PDF

Vendredi 31 mai 2019 — Dernier ajout lundi 24 juin 2019
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Un jour, comme d’habitude, avec mon père et mon frère André, nous jetions les filets pour pêcher. Il a passé le long de la mer et nous a dit : « Venez à ma suite, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes ». Pêcheur d’hommes ! Sur le coup je n’ai pas compris, mais c’était surement plus glorieux que de pêcher des poissons ! Lui, avait l’air de savoir ce qu’il voulait et où il allait. Alors nous l’avons suivi. C’est bien plus tard que j’ai compris qu’il ne s’agissait pas de pêcher mais de prêcher !

barque sur lac de galilee

Nous avons tout quitté sur le champ : Père, barque, filets. Un peu d’aventure n’était pas pour me déplaire, mais de là à devoir se mettre en route tous les jours, il y avait quelques pas que je n’étais pas prêt à franchir ! Dès qu’on se trouvait bien quelque part, il fallait se lever et partir. Tous les jours le même refrain : « Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j’y prêche aussi » et nous cheminions ainsi à travers toute la Galilée.

Je me souviens de cette montée du Thabor où il nous a révélé son autre visage. Nous étions trois : Jacques, Jean et votre serviteur. Un moment privilégié, en compagnie d’Élie et de Moïse, à l’écoute de la voix du Père ! J’ai proposé d’y dresser trois tentes, le temps de savourer ces instants paradisiaques. Mais non ! Il fallait redescendre, replonger dans la banalité du quotidien et la vulgarité de la foule !

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Il lui arrivait de nous envoyer deux par deux, sans sacs, sans pain, sans monnaie dans la ceinture, juste une paire de sandales pour la route. Pour assouvir notre faim, nous arrachions quelques épis en traversant les champs de blé, même le jour du Sabbat, au grand scandale de tous les obsédés du permis et du défendu. A notre retour, au lieu du repos attendu et qu’il avait prévu, voici encore la foule à nos trousses. Et toujours le même refrain « allons ailleurs… »

Et le jour où il nous a obligés à remonter dans la barque pour rejoindre l’autre rive ! Il venait de réaliser le miracle du partage en rassasiant la foule rien qu’avec un pain et deux poissons. Nous n’avions pas tout compris, mais tout le monde était content et chantait ses louanges. Pourquoi ne pas s’attarder un peu et profiter de cette reconnaissance si rare ? Mais non ! « Passez sur l’autre rive pendant que je renvois la foule » nous a-t-il dit. Nous avions beau lui faire remarquer qu’une tempête s’annonçait sur le lac - parole de pêcheur -, que là-bas c’était un ramassis de païens, de commerçants avides et véreux, d’inconnus qui n’ont rien à voir avec notre monde et notre religion. Rien à faire : il fallait remonter dans la barque et ramer, à contre-courant et …à contre cœur. Ce qui devait arriver arriva ! Une lutte désespérée contre les vents contraires et les flots déchaînés. Vers la fin de la nuit, nous avons cru voir un fantôme. Mais quand chacun de nous a entendu au fond de lui cette parole rassurante : « Confiance, n’ayez pas peur, c’est moi », nous avons su que c’était lui. « Le vent tomba et il se fit un grand calme ». Nous avons alors compris qu’il ramait avec nous, et nous ne le savions pas !

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Un jour il nous a annoncé qu’il montait à Jérusalem où il serait mis à mort. Cette fois, c’était trop ! J’ai voulu l’en dissuader et il m’a traité de Satan. Il parlait constamment de son royaume, alors nous pensions qu’il allait nous y réserver une bonne place. Je n’avais encore rien compris !

Quand après une longue journée de marche, la dernière, il a voulu nous laver les pieds et que je lui ai dit : « toi me laver les pieds, non, jamais ! » Il m’a répondu : « Plus tard tu comprendras » !

Après mon reniement, après mes larmes, au matin d’une dernière pêche, il m’a dit : « Quand tu étais jeune tu nouais ta ceinture et tu allais où tu voulais, lorsque tu seras devenu vieux, un autre te nouera ta ceinture et te conduira où tu ne voudrais pas ». Et il m’a demandé à nouveau de le suivre. Alors, fort de son pardon, en toute confiance, j’ai enfin compris qu’il me demandait de renoncer à tous mes préjugés pour le suivre dans une nouvelle aventure, avec lui mais sans lui.

pierre à la Pentecôte

Mais il a fallu attendre le jour de la Pentecôte pour que de pêcheur de poissons je devienne prêcheur de bonne nouvelle, me déplaçant continuellement pour faire connaître le Seigneur Jésus, courir à la recherche de la brebis égarée, guérir les malades, ressusciter les morts, comme lui et en son nom. Quand me saisit le vertige de la peur, j’écoute au fond de moi, comme au jour de la tempête sur le lac, sa voix rassurante : « Confiance, n’aie pas peur, c’est moi ! ». Et je vais là où son Esprit me conduit.

Vos témoignages

  • Thérèse Revault 4 juin 2019 21:56

    « Elle est vivante la Parole de Dieu… » et voici, Jeanne, que tu as su la « revivifier » encore à travers ce style qui lui nous fait entrer dans la « belle aventure » vécue par les compagnons de Jésus ! Merci à toi ! Et surtout continue à écrire sur ce site ! A travers tes mots, je cueille toujours un « message » ! Encore merci et belle Pentecôte !