Envoyés en mission Enregistrer au format PDF

Dimanche 12 juillet 2015 — Dernier ajout mardi 18 août 2015
0 vote

Les disciples, choisis, appelés, ont acquis, par le compagnonnage, une certaine connaissance amoureuse de Jésus, . Les voilà envoyés « deux par deux », pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut… « Deux par deux » : serait-ce pour se conforter mutuellement ?… « Parce que les commandements de la charité sont deux, l’amour de Dieu et l’amour du prochain » nous dit St Grégoire Le Grand. « Le Seigneur envoie ses disciples deux par deux pour nous suggérer, sans nous le dire, que celui qui n’a pas la charité envers autrui ne doit pas entreprendre le ministère de la prédication ». On sait que les paroles n’ont de prise que s’il n’y a pas indifférence, malveillance, mépris, mais au contraire bienveillance, respect, affection, considération, estime entre les interlocuteurs. L’annonce de la Parole n’échappe pas à cette donnée élémentaire.

Les prescriptions pour la route ne manquent pas d’exigences ! « Ne rien emporter : ni pain ni monnaie… » Il faut du dépouillement, de la pauvreté pour prendre la route au nom du Seigneur ! Les disciples se rappellent-ils que « les Pères » ont reçu chaque jour la manne dans le désert, qu’ils y ont marché quarante ans « sans que soient usés leurs vêtements ni les sandales aux pieds » (Dt 8,4) ? Invitation à une confiance indéfectible en Celui qui conduit le chemin...

« Ne rien emporter pour la route, si ce n’est un bâton » ! Le bâton : ce sur quoi le voyageur s’appuie lorsqu’il est fatigué par la longueur du chemin…, ce qui lui permet de faire une pause, debout, sans succomber à la tentation de s’asseoir…, ce qui l’aide à avancer encore quand il se sent exténué…. C’est aussi l’arme qui sert à écarter et vaincre les obstacles rencontrés sur la route… ce qui redonne un pouvoir quand les capacités humaines sont déficientes. Le bâton, symbole du pouvoir, dit Claire Patier (1)en se référant au bâton de Moïse par lequel il accomplit des signes hors du commun (Ex.4,17)

« Mettez des sandales » Elles sont nécessaires à celui qui veut marcher sur les routes dont on ne connaît pas les surprises éventuelles. « Revêtez ses pieds » dit le Père qui accueille son fils égaré qui revient à lui… « Les pieds chaussés sont le signe de notre liberté d’aller et venir sans craindre les aspérités de la route, signe de l’appel de Dieu à marcher vers lui  » écrit Claire Patier (1). C’est ainsi que, selon Isaïe 11, 15, le peuple élu « marche en sandales »en franchissant le Fleuve que la main puissante du Seigneur a asséché.

« Ne revêtez pas deux tuniques » Ceux qui sont en marche vers Dieu et les frères seraient-ils tentés de se sur-protéger par une seconde tunique, ce qui les sécuriserait face aux intempéries, les protègerait des mauvais coups ?… Une seule tunique est nécessaire à l’envoyé en mission : celle dont le baptême l’a revêtu, cette tunique lumineuse qui drape le baptisé de l’amour éclatant de Dieu. « Cette première tunique suffit en toutes circonstances », écrit Claire Patier. Elle signifie la présence continue et protectrice de Dieu. « Vouloir revêtir une seconde tunique relève d’ un manque de foi ou du désir de se passer de Dieu pour agir à sa guise. » Serait-elle le signe de l’appropriation de la mission reçue ? En tout temps et sous tous les cieux, ne suffit-il pas d’avoir « revêtu le Christ » comme nous le rappelle St Paul (Gal. 3, 27)

(propos inspirés par la lecture de Claire Patier)

« Avec Saint Marc » de Claire Patier aux Editions Parole et Silence.