« Donner priorité à l’autre » Enregistrer au format PDF

Jeudi 21 novembre 2019 — Dernier ajout vendredi 20 décembre 2019
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« Passe donc me voir un de ces jours ». Invitation souvent classée sans suite. Les jours passent, avec leurs routines heureuses et leurs lots d’urgences.

Si tu veux donner priorité à l’autre, abandonne tes fausses urgences, Toutes affaires cessantes, sors de chez toi et va le rencontrer, chez lui.

Le chemin vers l’autre est parfois long et rocailleux. Armes-toi de patience. Au moment de frapper à sa porte, si tu hésites, appelle ton amie la confiance.

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Que ta première parole soit un chaleureux et fraternel « comment vas-tu ? » plutôt qu’un impersonnel « comment ça va ? » qui n’attend aucune réponse.

S’il te fait les honneurs de sa maison, sois attentif à ses choix, même si chez lui tout n’est pas forcément à ton goût.

Entre dans ses yeux et tu verras le monde à sa façon. Ecoute le son de sa voix et tu entendras battre son cœur.

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S’il te fait la grâce de visiter son jardin, respire l’odeur de ses fleurs. Il te fera cadeau de quelques graines que tu pourras semer dans ta terre.

S’il t’invite à sa table, goûte ce mets qui est sa nourriture quotidienne. Voilà une recette nouvelle que tu essaieras au prochain repas avec tes amis

S’il te propose une promenade, rythme ton pas sur le sien. Fais-lui confiance. Laisse-toi conduire sur des sentiers inconnus.

S’il te parle de ses soucis, de ses projets, de ses chagrins, Fais de ton écoute, une « hospitalité intérieure ».

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S’il parle de ses doutes, abandonne un instant tes certitudes. Tu retrouveras goût à la recherche commune d’une insaisissable vérité.

S’il prend le risque de te dire ce qu’il pense vraiment, Réjouis-toi de découvrir un autre point de vue.

S’il t’offre l’hospitalité, ne réponds pas « Je suis seulement de passage ». Accepte de demeurer chez lui et s’il se fait tard, de dormir sous son toit.

Donner priorité à l’autre, c’est s’attendre à être dérangé mais c’est aussi la chance d’être remis en mouvement vers le Tout Autre 

Chesterton s’est pris à chanter les mérites des petites communautés (familles, villages, tribus) précisément parce qu’elles « nous condamnent à l’existence de l’autre »