Alliance des Filles du St Esprit et des soeurs de Notre Dame Enregistrer au format PDF

Samedi 31 août 2019 — Dernier ajout mardi 10 septembre 2019
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Ce 30 août 2019, à la Maison Mère des Filles du Saint Esprit avait lieu la célébration des 25 ans de l’alliance des Filles du Saint Esprit et des soeurs de Notre Dame. C’est avec une assemblée fournie et priante que le Père Philippe POTTIER, Vicaire général du Diocèse de Sées a célébré cet événement.

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Après la célébration, les participants se sont retrouvés pour un temps convivial et fraternel au Self.

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chant

Homélie pour les 25 ans de l’Alliance des Filles du St Esprit et des Sœurs Notre Dame de Briouze, St Brieuc, le 30 août 2019

Qui de nous n’a pas été ou est quelque peu déstabilisé par cette parabole quelque peu étrange, propre à l’évangéliste Matthieu ? On aurait aimé certainement un autre passage d’évangile pour ce jubilé ! En plus, elle met en plus le prédicateur en situation de difficulté car dans le tourbillon de la rentrée, il a eu peu de temps pour préparer ! Heureusement qu’il sait la bienveillance des F.S.E et qu’il garde toujours en mémoire les propos d’une Fille du St Esprit qui sévissait à ce moment-là dans le Bocage Ornais - « les homélies c’est pour faire du bien au prédicateur » - pour être un peu en paix pour modestement et humblement prendre la parole !

Curieux ce portement de ces 5 jeunes prévoyantes qui font preuve d’un certain égoïsme, il faut le dire ; et qui semble encouragé par Jésus ou du moins qu’il ne le critique pas ! Nous sommes loin des recommandations habituelles de la à la vie fraternelle qui invitent à l’attention délicate à l’autre, particulièrement des plus fragiles, pour construire et reconstruire des « maisons de charité » en paroles et en actes, à l’image de l’Amour entre les trois personnes de la Trinité. Quelle est donc la bonne nouvelle de cette parabole pour nous et particulièrement pour vous Filles du St Esprit qui rendaient grâce pour le chemin d’alliance vécu pendant 25 ans ?

Il me semble qu’il vous rejoint dans ce qui fait le cœur de votre vocation qui est une aventure « mystique » ; mystique incarnée bien entendue ( ce ne serait pas les F.S.E ! ) mais expérience spirituelle en Jésus qui est l’époux. Comme le fiancé qui introduit sa fiancée dans sa famille, il vous a séduit un jour, en pleine jeunesse bien souvent, au point de tout quitter et de vous risquer sur les chemins féconds mais escarpés de la pauvreté, de l’obéissance et de la chasteté. Un appel pour être des « veilleurs au cœur du monde et de l’Eglise », signes du Royaume qui est présent au milieu de nous.

Mais nous le savons bien d’expérience, il faut entretenir la flamme de cet amour ! de cette passion pour le Seigneur et son Évangile, pour tisser et retisser le socle de la vie communautaire toujours fragile, menacé sans cesse par les fermetures du cœur et l’épreuve de la durée et du réel. Toute vie spirituelle court le risque de l’endormissement, de l’affadissement. Il est bon que le Seigneur nous mette en alerte ! Vous qui si souvent vous définissez comme des veilleurs de fraternité et de réconciliation, sur les chemins risqués de l’amour fraternel, vous savez bien que cet engagement prophétique a besoin d’être entretenu et nourri. Les fatigues de la vie quotidienne, les passages par l’expérience du désert, les conditions de fragilités d’aujourd’hui, les épreuves de l’âge sont toujours une menace sérieuse Sommes-nous au vrai rendez-vous ? qui vient toujours à l’improviste ? de nuit  ? Les dix jeunes filles, imprévoyantes comme prévoyantes se sont laissées prendre par le sommeil. Toutes et cela ne leur est pas reproché. Par contre, par leur insouciance ou légèreté, cinq n’ont pas été au rendez-vous de l’Epoux. Elles n’étaient pas là au bon moment ! Vous savez ces beaux « rendez-vous de l’Evangile » qui surgissent dans l’humble et décapant quotidien, là où on ne les attend pas ou plus ! Ces rendez-vous qui sont si souvent un visage, une vie, une histoire singulière qui ne fait pas la une des journaux mais qui porte la marque de Mathieu 25. Ces rendez vous du réel de nos vies et non nos rêves sur la vie, sur le monde, sur l’Eglise, sur notre congrégation, sur notre communauté et même sur nous-mêmes !

Elles n’étaient pas au rendez-vous mais pourquoi ? Quand on réfléchit, elles auraient pu se présenter devant le Seigneur, avec leurs lampes éteintes, sans réserve d’huiles. Elles auraient pu assumer leur insouciance, leur dispersion, leur manque. Elles auraient pu se présenter devant le Seigneur avec leur manque. Non, elles ne l’ont pas assumé et sont allées courir chercher de l’huile, dans la nuit, en toute hâte. Et c’est la raison qu’elles passeront à côté. Elles n’étaient pas au bon endroit ! Elles n’ont pas assumé leur manque ! Elles n’ont pas assumé le réel !

Avaient-elles finalement un réel désir de le rencontrer ? Leur désir ne s’était il pas amoindri avec le temps ? Et si la parabole était un S.M.S envoyé par le Seigneur pour nous demander de discerner où nous en sommes de notre désir de l’Epoux ? Et si c’était une invitation à nous réveiller de nos somnolences dans la vie spirituelle, dans la relation d’amitié avec le Seigneur mais aussi de nos somnolences dans l’engagement dans la vie communautaire à vivre pleinement, ensemble, dans le réel de nos vies, les appels de la Règle des Filles du St Esprit, à la suite de vos fondatrices.

Et si c’était une invitation à la confiance dans cet aujourd’hui du corps congrégation, de l’Eglise et de ce monde en feu ! L’huile ne manquera pas ! L’Epoux sera là au rendez-vous !

Père Philippe Pottier en action de grâce pour cette Pentecôte 1994 en terre de Briouze et le chemin d’amitié vécu pendant 25 ans avec les F.S.E !

Ps : Elle est encore vive en moi la flamme de cette veillée du « passage » dans la chapelle des Sœurs de Notre Dame de Briouze en ce soir de Pentecôte 1994 et cette « cathédrale d’un jour », au cœur du village, avec ces signes et symboles forts ; ce dialogue entre « les deux Anne Marie », les signes de délicatesse et d’attention, et le souffle d’un départ !

Les gouttes d’huile « Ne vous imaginez pas que l’Amour, pour être vrai, doit être extraordinaire. Ce dont on a besoin, c’est de continuer à aimer. Comment une lampe brille-t-elle, si ce n’est par l’apport continuel de petites gouttes d’huile ? Qu’il n’y ait plus de gouttes d’huile, il n’y aura plus de lumière et l’époux dira : « Je ne te connais pas ». Mes amis, que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ? Elles sont les petites choses de la vie de tous les jours : la joie, la générosité, les petites paroles de bonté, l’humilité et la patience, simplement aussi une pensée pour les autres, notre manière de faire silence, d’écouter, de regarder, de pardonner, de parler et d’agir. Voilà les véritables gouttes d’amour qui font brûler toute une vie d’une Vive Flamme. Ne cherchez donc pas Jésus au loin ; il n’est pas que là-bas, il est en vous. Entretenez bien la lampe et vous le verrez. »

Texte de Mère Térésa