« Réconfortez-vous les uns les autres » (I Th 5.11)

lundi 25 septembre 2017
par  Sr Jeanne Signard
popularité : 22%
0 vote

Fut un temps où nous étions fortes en nombre, en énergie, en projets, et voici que la diminution et la fragilité s’invitent à notre table. Si nous voulons retrouver des forces il nous faut apprendre à faire de cette fragilité notre nourriture, notre pain quotidien. Le pain de ceux qui se croient forts est dur, on s’y casse les dents ; il est lourd de solitude et souvent indigeste, il laisse sur leur faim ceux qui le mangent. Le pain de la fragilité est léger et souple ; comme le pain d’épices il laisse dans la bouche un goût de miel. Il est réconfort : Il nous rend fort d’une force nouvelle (re) faite de la douceur de le manger ensemble, à la même table (cum).

Fut un temps où on se croyait éternel et voici que notre sœur la diminution et sa compagne la vieillesse s’invitent à notre table avec leur lot de fragilités. Il nous faut les accueillir, les apprivoiser. Doucement, elles tournent notre regard vers l’Hôte intérieur. Plus besoin de chercher dehors la joie qui est dedans. Nos apprenons alors qu’il y a un temps pour tout : un temps pour se démener et un temps pour se laisser mener ; un temps pour donner et un temps pour recevoir ; un temps pour résister et un temps pour lâcher prise ; un temps pour parler et un temps pour écouter ; un temps pour occuper la scène et un temps pour en descendre ; un temps pour travailler et un temps pour se reposer. Si nos yeux se voilent, nous apprenons à voir du bout de nos doigts ; si nos oreilles se font paresseuses, nous apprenons à écouter avec nos yeux ; si nos jambes fatiguées refusent la promenade, nous apprenons à promener notre regard.

Faisons de la vieillesse, cette compagne étrange et fragile, une merveilleuse amie. Tant d’efforts en vain toute la vie pour nous libérer de la suffisance, de l’orgueil, du besoin de dominer, de nos rancunes amères. Voici qu’elle balaye tout cela, doucement, à notre insu. Voici l’enfance retrouvée. Voici la simplicité des commencements. Voici la liberté de l’oiseau qui prépare sa migration ! Voici la bienheureuse pauvreté qui nous ouvre la porte du Royaume de Dieu.

N’étant plus acteurs, nous voici spectateurs privilégiés. N’étant plus de ceux qui sont chargés de remonter les ressorts des horloges, nous pouvons nous émerveiller des sujets gravés sur leurs balanciers. « Ceux qui s’émerveillent ouvrent une porte dérobée dans l’invisible quand les nerveux finissent par briser les clefs dans les serrures » (M. Bellet)

Accepter de vieillir peu à peu, chaque jour, cela suppose, même si nous le faisons avec sérénité, que nous soyons devenus «  comme une fontaine qui coule et déborde joyeusement, sans se demander ce que les autres feront de son eau ; ou bien comme un arbre en fleurs, qui laisse passer sur lui tous les souffles de Dieu et ceux du monde, et qui laisse ensuite tomber ses feuilles à l’automne, sans se laisser pourtant trop glacer par le froid de l’hiver ; ou bien comme un champ ensemencé qui porte sereinement son poids de neige, dans l’espérance et la certitude de la résurrection printanière. »


Commentaires

Bouton Facebook Bouton Contact
image Jésus
image Noel
Facebook

Agenda

<<

2017

>>

<<

Décembre

>>

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
27282930123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031