Les sept dons de l’Esprit (suite)

lundi 5 juin 2017
par  Sr Jeanne Signard
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La Connaissance : la connaissance que donne l’Esprit n’est pas à confondre avec le savoir. Nul besoin de faire de hautes études. « Ta gloire est chantée par la bouche des enfants, des tout petits (qui sont à la mamelle) Ps 8 ». Dans « connaissance « il y a « co » (avec) et naissance ce qui veut dire naître avec. Chaque matin nous naissons avec le jour qui naît. Chaque rencontre devient une nouvell e con-naissance. Mais nous le disons aussi des vieilles connaissances, comme pour conjurer les effets néfastes de la routine et des habitudes. La con-naissance est le don de l’enfant qui n’en finit pas de découvrir et de s’émerveiller sans trouver réponse à ses « pourquoi ». C’est ainsi qu’il faut comprendre Jean Debruyne quand il écrit : « On dit qu’il faut naître pour vivre ; c’est tout le contraire, il faut vivre pour naître ». Il faut toute une vie pour résister à la tentation de manger du fruit défendu de la connaissance du bien et du mal et accepter de connaître Dieu et tout être vivant dans l’obscure clarté de son Esprit.

La Piété : La piété est à la fois amour respectueux pour les choses de la religion et respect des règles qui en sont les piliers. Plus que dévotion, elle est affection. On parle de piété filiale. Un lien d’amour si fort, si désintéressé, si dévoué et si confiant qu’il conduit à un abandon mutuel. En Dieu, le Père s’est abandonné au Fils pour sa plongée dans le monde et le Fils n’a cessé de s’en remettre au Père pour tracer son chemin parmi les hommes. Osons manifester entre nous cette affection mutuelle, don de l’esprit, cette confiance, cette bienveillance, cet esprit d’enfance. On peut pleurer, car les larmes sont aussi don de l’esprit. En spiritualité on parle du don des larmes. Larmes d’émotion, larmes de compassion. Mais on peut aussi rire ensemble car la joie est un fruit de l’esprit.

La Crainte de Dieu : n’a rien à voir avec la peur, mais plutôt avec la crainte d’offenser celui qui n’est qu’amour et miséricorde. C’est de nous-mêmes, de notre inconstance naturelle que nous avons peur. Cette crainte de peiner ou de déplaire, nous rend vigilants et fidèles dans notre amour de Dieu et des autres. Le don de crainte éveille aussi en nous le respect qui vient de speculum (miroir), qui veut dire regarder derrière ou au-delà du miroir. Notre vision de Dieu est limitée. « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu ». (1 Co, 13) Nous ne connaissons pas encore la manière dont il nous voit et nous connaît.

Il en est de même dans nos relations. Nous faisons miroiter aux yeux des autres la belle image que nous voulons donner de nous-mêmes. Nul ne peut s’autoriser à briser ce miroir qui est la limite infranchissable derrière laquelle chacun se protège. « Malheur à celui qui franchit les limites de son prochain » (Rilke). C’est d’avoir franchi les limites imposées par Dieu à Adam et Eve qu’ils ont découvert qu’ils étaient nus. Depuis, chacun protège son intimité en cultivant dans son jardin secret, des fleurs uniques que nous craignons de piétiner quand il nous invite à y entrer.


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