Je suis comme je suis

lundi 6 avril 2015
par  Sr Jeanne Signard
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Quand tu dis « je suis comme je suis », que veux-tu dire ? Que tu ne bougeras plus, que tu ne changeras plus ? Alors autant dire que tu es psychologiquement et spirituellement en danger de mort. Quand on est mort on est immobile, on ne peut plus rien ajouter ni retrancher à sa vie. Aurais-tu décidé de rejoindre la cohorte de cadavres ambulants qui peuplent notre terre ? Si tu dis : « Que voulez-vous, je suis comme ça », n’aggraves-tu pas ton cas ?

Dans « je suis comme je suis », le « je », pronom personnel, laisse entendre que tu prends, au moins partiellement, la responsabilité de celle que tu es en ce moment. Mais quand tu dis « je suis comme ça », ce « ça » ne renvoie-il pas à quelque chose de confus, sur quoi tu n’as aucune prise ? Tu déclines toute responsabilité quant à ce que tu es et quant à ta manière de te comporter. Pour te justifier, le « ça » a bon dos : tu penses peut-être que c’est la faute à pas de chance, à ton enfance, à ton histoire, à une situation que tu n’as pas choisie. Ne vois-tu pas que tu dresses les barreaux de ta prison ? En effet, renoncer à ta responsabilité n’est-ce pas renoncer à ta liberté ?

« C’est ma nature »

Autre formule magique, souvent employée pour écarter l’appel à changer ! Une nature morte alors ! Car dans la nature il n’y a rien de fixe. Tout bouge, tout change. Des astres immenses aux électrons minuscules, tout est en mouvement. C’est le printemps ! Regarde, écoute le frémissement de la nature qui prépare ses naissances et ses renaissances. Tout ressuscite !

Si l’arbre, dépouillé par l’hiver disait : « Je suis comme ça, c’est ma nature », nous ne connaîtrions jamais ses fleurs et ses fruits. Mais aux premiers rayons du soleil, voici que la sève, en une danse invisible, l’irrigue depuis ses racines jusqu’à son sommet, et ses branches, qui semblaient mortes, nous offrent la surprise de leurs bourgeons, prémices de leurs fleurs puis de leurs fruits ! Il n’est pas jusqu’au vieux pommier qui ne fasse confiance à ses racines pour puiser au plus profond de la terre, la force de fleurir. Et n’oublie pas l’adage : « Ce n’est pas parce qu’un pommier est vieux qu’il donne de vieilles pommes !  »

Si l’oiseau, transi par le froid de l’hiver disait : « Je suis comme ça » : plus de chant, plus d’amour, plus de nid. Mais voilà le printemps : l’oiseau retrouve son chant, l’amour renaît dans les branches et dans les nids se préparent des naissances. La nature est inventive, foisonnante, en perpétuel mouvement ». Rien en elle n’est définitif ; rien n’est figé, fixé.

La fixité des choses, c’est l’homme qui l’a inventée. Celle des idées aussi ! De l’idée fixe il n’y a qu’un pas aux jugements définitifs, aux croyances définitivement installées, aux références arrêtées, aux préjugés bétonnés.

Ecoutons la voix du printemps qui nous invite à faire le grand ménage dans nos têtes, à bouger, à renaître, à laisser monter en nous la sève du renouveau, à passer sur d’autres rives. Comment fêter le passage, la pâque, si tu t’amarres aux rives des « comme je suis » ?
Bonne Résurrection !


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