Des migrants à Cleunay

samedi 27 septembre 2014
par  Communauté FSE Rennes - Diderot
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Fin juin, Françoise revient du centre de la ville et passe par l’espace vert au bout de notre rue. Nous passons pratiquement toujours par là pour aller dans la cité, pour prendre le bus. Une pancarte indique « centre aéré de la Massaye ».

Il y a des tentes Quechua mais ce sont des hommes, des femmes, des enfants, des étrangers. Au bonjour de Françoise, ils répondent avec un accent « les visages me font penser aux réfugiés de CALAIS ». En rentrant à la maison, Eliane est là. Françoise lui en parle : « je vais aller chercher du pain, je verrai ». Elle revient : « Oui, ce sont bien des réfugiés ».

Le groupe va croissant. Gérard, chargé des salles de sports du quartier, nous appelle pour dire qu’il reste trop de sandwichs après une rencontre. Françoise dit : « il ferait bien de les donner à ces gens ».
Eliane va les chercher et les porte aux réfugiés. Elle parle avec des personnes qui accompagnent c’est l’association « Un toit est un droit ». Dans ses différentes allées et venues, elle s’arrête et parle, des liens se créent.

Début Juillet, Pascale rentre et Françoise l’informe de l’installation du camp des migrants. Elle aussi, sensibilisée par son engagement au Secours Catholique va leur rendre visite. A son arrivée, deux femmes afghanes sont venues vers elle. Elles étaient tristes et apeurées. Malgré la difficulté de la langue, elles ont pu échanger quelques mots. Une jeune est venue offrir des gâteaux en signe d’accueil.
Ce que nous pouvons dire d’eux : ils étaient une soixantaine dont 23 enfants et 2 femmes enceintes. Ils sont Georgiens, Albanais, Azerbaïdjanais, Arméniens, Mongoles. Ils sont accompagnés par les Associations « Un toit est un droit » et le « Secours Populaire ». La seule eau potable qu’il pouvait trouver se trouve dans les toilettes des jardins familiaux juste en face de la communauté.
Pascale et Françoise partent en vacances et pendant ce temps-là, Eliane fait des liens :

  • Elle est invitée à une soirée et répond à l’invitation avec quelques personnes. Il y a aussi des représentants de la Mairie qui organise une rencontre urgente mais peu d’échos de cette réunion.
  • Elle en parle avec les gens de la rue, ceux des jardins familiaux, elle passe les articles de journaux aux voisins. Et les envoie ensuite à Françoise qui le lui avait demandé
  • Leur présence a suscité pas mal de débats dans le quartier « pour » « contre ». Il a fallu faire face aux réactions négatives « ils n’ont qu’à rester chez eux » « ils mangent notre pain ». Eliane rétorquait « nous partageons le pain ».
    « Sept hommes ont fait irruption par deux fois dans leur campement de fortune en frappant sur leurs tentes avec des barres métalliques et proférant des injures à caractère raciste et en piétinant leurs maigres provisions alimentaires. » (Ouest France)

Au retour des vacances, Pascale et Françoise trouve un mot d’Eliane, partie à son tour, disant qu’ils invitaient à une fête d’au revoir le 25 août. Josiane et Christelle, Olivier et Nolwenn, nos voisins avaient demandé de leur faire signe quand on partirait. Nous sommes donc tous partis ensemble vers le terrain avec gâteaux, boissons, jeux, vêtements. Nous sommes bien accueillis. Il y a un bon groupe d’amis, peu de gens du quartier sauf ceux des rues voisines. Joie pour nous de voir des chrétiens participer. Eux aussi avaient fait des gâteaux. Les hommes s’amusaient aux palets ou aux boules, les femmes parlaient : un vrai temps convivial. Plusieurs réfugiés parlaient le russe et quelques mots de français.
Ils nous ont dit qu’ils devaient partir obligatoirement le 31, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient devenir. Ils avaient besoin de valises, de parapluies (car il avait plu, et les tentes n’étaient pas tellement imperméabilisées).

Comme la plupart des voisins, nous sommes reparties chercher des valises, des sacs et avons promis de chercher des parapluies pour le lendemain. Pascale a contacté quelques personnes du quartier et en a parlé à Nathalie qui passait à la communauté. Nathalie, François son mari et leurs filles lui ont demandé de les accompagner : ils avaient des vêtements de pluie, des parapluies, des sacs.
le 31 août, Ils ont été éparpillés dans des hôtels, des gites, ou à la rue.
L’espace vert nous paraît bien vide après cela. Ils avaient une place même si ce n’était pas l’idéal pour eux.
Des liens s’étaient créés avec eux et renforcés avec nos voisins qui nous rejoignaient dans l’accueil de l’étranger.
Nous avons été touchées par leur accueil… Ils restent présents à notre prière et nous nous demandons ce que deviennent Bella et les siens.


Commentaires

Des migrants à Cleunay
dimanche 5 octobre 2014 à 15h48 - par  GUERIN Anne-Geneviève

Merci à la communauté de Cleunay pour votre article. J’ai été très touché par votre témoignage. Et comme vous je crois qu’il faut aller vers eux et les accueillir simplement par le sourire, la parole et les gestes.

Logo de Marie-Thérèse Mochet
Des migrants à Cleunay
dimanche 28 septembre 2014 à 08h40 - par  Marie-Thérèse Mochet

Bon accompagnement et témoignage d’une communauté que je trouve super pour un quartier, cela va laisser des traces !
Espérons que ces gens trouve un jour un toit plus chaud pour l’hiver." N’ayons pas peur de vivre au monde’

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