Ecouter entre les mots

dimanche 1er décembre 2013
par  Sr Jeanne Signard
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Les belles déclarations d’intention : « Je vais être clair », « Je vais être franc », n’y font rien. L’expérience nous apprend que « le langage est source de malentendus », comme le dit le Petit Prince. Et cependant nous ne cessons de lancer entre nous, ces ponts que sont les mots, ponts bien dérisoires, mais ponts tout de même !

Supposons qu’au hasard d’une conversation, une personne insiste sur le plaisir qu’elle a pris cet été à se baigner, ou à faire du bateau. Le simple fait de parler de l’eau provoque en moi une impression désagréable. L’eau me fait peur depuis qu’enfant j’ai failli me noyer dans un lavoir ! Pour d’autres, au contraire, l’évocation de l’eau est liée à des expériences et des sensations agréables.

C’est ainsi que le même sujet de conversation peut provoquer chez les uns joie, chez d’autres rejet, tristesse, colère, peur, malaise indéfinissable, ou simplement bonne ou mauvaise humeur, sans que nous sachions bien pourquoi.

Pour nous comprendre, nous devons compter avec ces mouvements intérieurs qui courent sous les mots. Faute de quoi nous pouvons poursuivre une conversation, sans même nous rendre compte que quelque chose a changé entre nous. Pour cela il faut être attentif à une nuance dans la voix, un rire qui sonne juste ou faux, un visage qui s’assombrit, un geste de recul, des bras ou des jambes qui se nouent ou se dénouent. Ah ! les mots, souvent bourrés de résonances affectives archivées dans notre corps, qui parfois nous servent et parfois nous trahissent.
Dans une conversation « aimante », les regards sont bienveillants et chacun porte à l’autre une telle attention, qu’il écoute entre les mots le langage muet des corps comme on lit entre les lignes !

Certains diront : Si les mots sont à ce point piégés, ne vaut-il pas mieux se taire ? « La parole est d’argent, le silence est d’or »  ! Mais le silence peut présenter la même ambiguïté. Quand quelqu’un répond par le silence à ce que vous venez de dire, vous pouvez l’interpréter comme une approbation si vous êtes content et sûr de vous, ou comme un blâme si vous doutez de vous-même. C’est vous qui donnez sens au silence de l’autre ; et vous pouvez très bien vous tromper ! Ecoutons donc aussi les silences, car les silences parlent. Certains sont même assourdissants.

Si quelqu’un manifeste son émotion par un geste, une mimique ou un silence, lui seul peut nous en donner la clef. Il suffit parfois de manifester une attention « aimante » à ce qu’il peut éprouver : « Tu sembles contrarié… Heureux… surpris…. » « Tu ne dis rien » ? pour que la parole mette fin aux interprétations hâtives et dissipe les malentendus.


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