« Bas les masques ! »

Perdre la face ou la sauver….
mercredi 3 juillet 2013
par  Sr Jeanne Signard
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Nous possédons tous une face, c’est-à-dire que nous nous présentons aux autres arrangés, masqués de façon à être acceptables, aimables, ou forts, selon l’idéal de l’homme ou de la femme réussis qu’on nous a mis dans la tête quand nous étions enfants.


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Une de nos craintes est de perdre cette face si laborieusement composée. Nous ne sommes pas toujours aussi forts, aussi sûrs de nous que nous voulons bien le paraître. Il nous arrive de nous tromper, d’avoir tort, et nous le savons bien, mais comme il est difficile de le reconnaître ! Nous craignons de perdre la face, cette façade d’assurance et de force, qui, pensons-nous, nous garantit l’estime et la considération de ceux qui nous entourent.

C’est pourquoi, il est dangereux d’obliger quelqu’un à reconnaître ses torts. Son masque lui colle tellement à la peau, qu’en l’arrachant nous risquerions de le défigurer. Certains reconnaissent intérieurement leurs torts, mais ne peuvent les avouer : ils auraient l’impression de « perdre la face », et comment se présenter si on n’a plus de face ?

Supposons qu’en conversation de table, en famille ou en communauté, on parle d’une nouvelle parue dans le journal du matin. Louise et Marie, comme d’habitude, se disputent sur un détail du fait rapporté.

D’où vient qu’avec la meilleure bonne volonté du monde, on ne perçoit pas, on n’entend pas, on ne retient pas la même chose ?
« mais non dit, Marie, c’est pas ça, tu comprends toujours tout de travers ! » (Comme il fait mal, ce couperet du « tout » et du « toujours ! ») « Attends je vais chercher le journal. »
On s’aperçoit alors que Louise a plus ou moins déformé le message et que c’est Marie qui a objectivement raison. On pourrait penser que le problème est résolu. Oui, si l’on considère les faits ! Mais le problème surgit alors au niveau de la relation.
Pourquoi insister par un « Hein ! Tu vois ! » qui oblige Jeanne à prendre la position basse et à perdre définitivement la face ?
Mais si Louise, pour des raisons diverses, a le sentiment que pour être acceptée et estimée il faut en tout et toujours faire un « sans faute », elle ne peut reconnaître, même devant l’évidence, qu’elle s’est trompée et elle n’aura de cesse de prendre Marie en défaut à son tour.

Cela peut même devenir son obsession pour la journée ! On peut ainsi assister à une dangereuse escalade de faces à sauver, où chacune son tour cherche à « démasquer » l’autre.

A moins que Marie ne tente de rétablir un heureux face à face en tendant la main à Louise pour la sortir de sa position basse et lui permettre de sauver la face : « ce n’est pas grave, tout le monde peut se tromper, hier c’était moi, qui… »

Nos vrais visages, avec leurs cicatrices et leurs rides ne sont-ils pas plus sympathiques que nos façades lézardées auxquelles nous tenons tant ?
Et si pendant les vacances nous déposions nos masques pour nous rencontrer à visages découverts, ouverts et détendus, sans peur de nous montrer comme nous sommes !


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