Esprit Saint ou « Dieu donné »

lundi 20 mai 2013
par  P. Yves Labbé
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Chacune des lectures de la fête présente l’Esprit Saint comme le Don même de Dieu aux hommes à la suite de la résurrection de Jésus. « Saint Esprit » signifie, mot pour mot, « Dieu Donné ».

Le mot de pentecôte désigne simplement le cinquantième jour. Fête agricole en des temps très anciens, ce jour célébrait et célèbre, pour les juifs, le don de la Loi à Moïse. Ainsi les juifs arrivaient-ils de partout à Jérusalem. Pour les disciples de Jésus, ce sera la fête de la venue de l’Esprit Saint ou Souffle Divin : la conclusion du temps pascal.

C’est aujourd’hui que s’achève la célébration des événements de la mort et de la résurrection de Jésus. Pâques et Pentecôte forment un tout.
Chacune des lectures de la fête présente l’Esprit Saint comme le Don même de Dieu aux hommes à la suite de la résurrection de Jésus. « Saint Esprit » signifie, mot pour mot, « Dieu Donné ».
Non pas un don de Dieu, une grâce de Dieu, mais Dieu même en tant qu’il se donne lui-même. Cependant, chacune des 3 lectures en présente un bénéficiaire différent :

Dieu donné dans l’histoire, selon l’évangile de Jean ; Dieu donné à la communauté, selon les Actes des Apôtres ; Dieu donné à la personne, selon la lettre aux Romains.
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Dieu donné dans l’histoire.
L’évangile de Jean fixera l’envoi de l’Esprit Saint dès le soir de Pâques. Dans le discours d’adieu, avant la passion, Jésus annonce l’envoi de l’Esprit Saint pour soutenir le témoignage de ses disciples. Il sera leur Défenseur. Il les assistera à travers les adversités. Il leur enseignera aussi ce qu’ils ne comprennent pas encore et réveillera en eux la mémoire de ses paroles et de ses actes.
L’Esprit de Vérité est Dieu qui se donne lui-même en se révélant lui-même. Si Dieu s’est révélé une fois pour toutes en Jésus-Christ, cette révélation est appelée à passer dans l’histoire, à être reçue à chaque génération et dans chaque peuple. Elle ne sera pas seulement à transmettre. Elle aura à renaître au cœur de chaque époque et de chaque culture. La mémoire de l’Évangile ne s’arrêtera pas à reproduire les mêmes mots et gestes. Elle aura à inventer dans la fidélité. Le concile Vatican 2 a réalisé un moment de cette présence de l’Esprit Saint : Dieu donné dans l’histoire grâce à la mémoire vivante du Mystère pascal de Jésus.

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Dieu donné à la communauté.
C’est dans les Actes des Apôtres que l’achèvement de l’événement pascal se trouve associé au cinquantième jour. L’anniversaire du don de la Loi à Moïse devient la célébration du don parfait et ultime de Dieu à la communauté des disciples de Jésus. En ce jour naît l’Église de Dieu qui est également l’Église du Christ : Église de Dieu constituée par le don de Dieu ; Église du Christ formée des témoins de sa résurrection.
L’Église de la Pentecôte reste une communauté juive. Les peuples et les régions nommées représentent les territoires dont les juifs venaient à Jérusalem pour la fête. Il n’y a aucun païen, uniquement des juifs natifs ou convertis. Mais l’Évangile quittera bientôt Jérusalem pour s’adresser finalement à tous les hommes et les accueillir dans l’Église. Paul en sera l’envoyé par excellence. L’Esprit Saint sera le souffle de cette mission universelle, confirmant la parole de Jésus rapportée plus haut, dans le récit de l’Ascension : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint… Vous serez alors mes témoins à Jérusalem… et jusqu’aux extrémités de la terre ».
Luc, auteur des Actes et d’un évangile, établit un lien entre le baptême de Jésus et la pentecôte de l’Église. Jésus est né à sa mission au bord du Jourdain comme l’Église est née à sa mis¬sion à Jérusalem. Le baptême de Jésus a été sa pentecôte et la pentecôte de l’Église son baptême. C’est en se donnant lui-même que Dieu a manifesté Jésus dans sa mission messianique et révélé l’Église dans sa mission évangélisatrice.

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Dieu donné à la personne.
Revenons vers la lettre aux Romains. L’Esprit qui a ressuscité Jésus habite également dans la personne. Dieu s’est donné en ressuscitant Jésus. De même se donne-t-il en demeurant en nous. Alors que Jean présente le don de l’Esprit comme effet de la résurrection, Paul en fait aussi la condition de la résurrection de Jésus aussi bien que de sa mission. En se donnant lui-même à nous, en demeurant en nous, Dieu fait de chacun de nous un autre Christ.
Mais c’est seulement en espérance que nous sommes un autre Christ. Paul insiste sur le combat à mener entre la chair et l’Esprit, entre la faiblesse humaine et la force divine : combat entre la mort et la vie, entre une existence d’esclave du monde et une existence d’enfant de Dieu. La vie chrétienne ou la vie sprirituelle – c’est tout un – s’identifie chez Paul à une lutte dont l’issue se joue dans la personne : lutte non pas entre le corps et l’âme mais, il faut le redire, entre la faiblesse humaine et la force divine. C’est par faiblesse que nous devenons violents dans les relations humaines. C’est par faiblesse que nous réagissons avec irritation, impatience, emportement.
L’habitation de Dieu en nous donne au contraire la force de supporter les contrariétés, d’où qu’elles viennent, des autres, des circonstances, d’une insatisfaction.

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Dieu agit dans l’histoire. Dieu guide l’Église. Dieu habite en nous. Cette révélation, nous la célébrons aujourd’hui. Fils ou filles du Saint-Esprit, avec tous les disciples de Jésus, Dieu veut demeurer en nous : témoins, en notre temps et dans l’Église, de la nouveauté apportée par la résurrection de Jésus.

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