« J’ai été touché… »

mercredi 27 mars 2013
par  Sr Jeanne Signard
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« Si tu me touches, doucement, gentiment, si tu me regardes et me souris, si tu m’écoutes parler parfois avant de parler toi-même, alors je pourrai m’épanouir vraiment. »

Cette réflexion de Gérard, 9 ans, ne vaut-elle pas pour toute personne de 9 à 99 ans !
Dans des orphelinats, on a vu des nourrissons, bien nourris, bien langés, dépérir et mourir. Il leur manquait les regards, les sourires, la voix, les caresses, les gouzi..gouzi, dont toute maman prend le temps de gratifier son bébé, parce que d’instinct elle sait que ces stimulations physiques lui sont aussi nécessaires que la tétée ou le biberon.
Plus tard ces signes de reconnaissance prendront des formes plus symboliques : un hochement de tête, un sourire, un froncement de sourcils, un mot, un geste, toute attitude qui dit : « Je suis là », « tu es important pour moi », « tu peux compter sur moi ».

L’attention de son entourage, le regard des autres est si important pour l’enfant, que s’il n’obtient pas cette attention par la « caresse », il fera en sorte de l’obtenir par les pleurs, la fessée ou tout autre signe de réprobation. Et il s’entendra dire : « Mais tu fais exprès ! ».
Pour lui c’était juste une manière de rappeler qu’il existe et que pour survivre il a besoin de tendresse : un regard, une caresse, une parole.

La personne adulte, qui par son comportement s’attire des remarques négatives et se complaît dans la posture de victime soumise ou rebelle, exprime peut-être le même besoin, la même soif d’attention et d’affection.
Tout simplement elle attend une « caresse » de survie !

L’enfant que nous avons été, dort au fond de nous, toujours prêt à se réveiller, surtout à l’approche du grand âge. Une personne âgée à qui on serre la main a du mal à la lâcher comme pour prolonger ce toucher, cette caresse qui encourage à vivre jusqu’au bout.

Quel que soit son âge, chacun(e) conserve dans sa mémoire corporelle, un regard, un sourire, une voix, une parole, une attitude, qui l’ont « touché(e) », qui lui ont donné ou redonné le sentiment d’être vivant(e), alerte, important(e).
Nos rencontres commencent par un toucher codifié : la bise, la tape dans le dos du copain, la poignée de main.
C’est d’abord par les corps que s’expriment la joie, l’énergie, la chaleur vivifiante des retrouvailles.

Pour vivre et s’épanouir, tout être humain a besoin d’être stimulé, « touché » par l’attention que lui portent ses proches. Les spécialistes de la communication nous apprennent que les 4/5 de notre préoccupation inconsciente est orientée vers ce souci : être confirmé dans son existence par les autres, éviter le rejet, et pire encore, l ‘indifférence.

Un chef d’entreprise se plaignait qu’un de ses techniciens quittait un peu trop souvent son laboratoire, pour se rendre près du distributeur d’eau fraîche, à la recherche d’un collègue avec qui bavarder. Au lieu de lui en faire la remarque, le directeur prit l’habitude de passer de temps en temps le voir pour un entretien amical. Les sorties dans le couloir diminuèrent sensiblement.

Quand on cherche tous les prétextes pour être le plus souvent possible hors de la maison, c’est peut-être de ce même réflexe de survie qu’il s’agit : la quête de signes de reconnaissance qu’on ne trouve pas près de ses proches.

L’attention affectueuse et bienveillante des autres nous est nécessaire comme l’air que nous respirons et le pain que nous mangeons.

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