Conte pour Noël

mercredi 28 décembre 2011
par  Sr Simone Le Flohic
popularité : 20%
0 vote

Cette nuit-là,
Tandis que Bethléem dormait derrière ses portes closes,
La campagne alentour bruissait étrangement :
Bêtes et gens, en long cortège,
Affluaient à la grotte où rayonnait le nouveau-né .

Il y avait là, troupe bêlante,
Des moutons, avec leurs bergers,
(Ceux-là qui sont dans l’Evangile) ,
Et le bœuf, et puis l’âne,
Et mille bêtes encore, trottinantes, voletantes,
Faisant près de la crèche un joyeux ramage.

Il y avait aussi, en un coin de l’étable,
Une menue fleurette en sa robe des champs,
Corolle délicate, nourrie de glèbe brune.
Elle avait entendu sonner les « Gloria »,
Et elle était venue, suivant le long chemin,
Pour voir cet Enfant-Dieu
Dont la naissance avait tout mis en fête !

Il y avait encore une étoile.
Non pas celle des Mages,
(Qui sont aussi dans l’Evangile, vêtus de soie et d’or ! )
Une petite étoile parmi les autres,
Qui se tendait pour mieux voir…
(A se décrocher du ciel, l’imprudente ! )
Elle avait entendu les anges,
Caressée de leurs ailes .
Appuyée sur l’épaule d’un nuage,
Elle avait suivi le chemin de la fleur,
Chacune guidant l’autre . . .

« Madame Sainte Vierge, disait tout bas la fleur,
Je fanerai bien vite sans la terre à mon pied !
Mais pour l’Enfant divin, je veux faire quelque chose :
S’il vous plaît me cueillir pour sa petite main,
J’aurai si doux parfum qu’il en sera ravi.
Et que m’importe alors de me flétrir ! »

« Douce Dame, murmurait l’étoile,
Personne ne verra si je manque là-haut !
Je ferai tant briller mes rayons d’or
Que votre enfant, c’est sûr, en rira de bonheur !
Je saurai bien, allez, faire douces mes pointes,
Pour qu’il ne blesse pas ses petits doigts ! »

« Votre offrande me plaît, sourit la Vierge Mère,
Et je la conterai plus tard à mon enfant.
Mais il ne convient pas de vous cueillir :
Tant d’hommes, là bas, attendent
Une lueur dans leur nuit sombre,
Une fraîcheur sur leur chemin !
Il faut à mes enfants qui peinent sur la terre,
Des fleurs et des étoiles pour leur cœur las !
Demeurez au vallon, portez-y la nouvelle
Et la joie de cette nuit ! »

Elles sont reparties, puisque dans l’Evangile,
Il n’est pas parlé d’elles parmi les bergers .
Elles sont retournées à leur vallon bien sage,
Comme la Vierge l’avait dit .
Et si l’Enfant, parfois, souriait dans sa crèche,
C’est que le vent léger, dans son haleine,
Apportait de là-bas un suave parfum . . .
C’est que, dans la nuit noire,
Une flamme veillait au firmament.
L’enfant reconnaissait et la fleur et l’étoile,
Et son amour brûlant leur cœur
De la joie de Noël.

JPEG - 25.7 ko


Commentaires

Conte pour Noël
jeudi 29 décembre 2011 à 11h13 - par  Anne Marie

Merci Simone pour ce beau conte de Noël, plein de frai-
cheur.

Bonne Année 2012. Anne Marie

Bouton Facebook Bouton Contact
image Jésus
Facebook

Agenda

<<

2018

 

<<

Avril

>>

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456