Le petit garçon et les étoiles de mer

vendredi 26 janvier 2018
par  Sr Jeanne Signard
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« Pendant mes dernières vacances, au bord de la mer, un matin en arrivant sur la plage, je découvre des milliers d’étoiles de mer qui s’étaient échouées dans la nuit. Je suis complètement estomaqué par ce spectacle quand je vois un petit garçon au bord de la mer qui prend une étoile de mer entre ses deux doigts et la rejette à la mer.

Pendant que je m’approche, il continue sa tâche en essayant de lancer les étoiles de mer le plus loin possible dans la mer. Arrivé près de lui, je le félicite pour ce qu’il a entrepris mais je lui fais remarquer que c’est une tâche impossible :
‘Même si tu continues tout le temps à les rejeter, une par une, à la mer, compte tenu des milliers et des milliers d’étoiles de mer qui se sont échouées, à la fin de la journée, on ne verra pas beaucoup la différence sur la plage’.
Le jeune garçon, qui venait de prendre délicatement une étoile de mer se redresse, il me regarde droit dans les yeux et avec un grand sourire, il me dit :
‘D’accord, peut-être que ça ne changera pas beaucoup de choses sur la plage, mais, pour cette étoile de mer-là, ça fait une sacrée différence." (Auteur Anonyme)

Ce matin j’ai croisé un migrant. Assis au bord du trottoir, il tend la main. Je me penche vers lui. Je m’arrête un instant pour lui glisser une pièce avec un simple bonjour, un regard échangé, un timide sourire. Je poursuis mon chemin en pensant avec tristesse et découragement aux milliers de migrants engloutis par les flots, épuisés par leur traversée du désert, rejetés hors de nos frontières ou abandonnés comme des déchets qui saliraient nos trottoirs.

Mon arrêt d’une minute, mon sourire : une goutte d’eau dans un océan de misère et d’indifférence. Un bonjour, un sourire ne changeront pas grand chose à la situation des migrants. Peut-être pas grand-chose à la situation de ceux qui meurent de faim et de soif dans la traversée d’un désert ou ceux que la mer engloutit au passage ! « Mais pour ce migrant auquel je viens d’offrir mon sourire en lui souhaitant une bonne journée, ça fait une différence. Quelqu’un s’est arrêté, lui a parlé, lui a souri. Et pour lui, ça change tout peut-être ! L’air qu’il respire a un parfum d’humanité. Tous les visages ont un air plus fraternel. Guidé par la petite lueur espérance, une étoile réapprend à danser sur les flots apaisés de son cœur.

Ne sommes-nous pas tous des « migrants de l’intérieur », en quête d’un pays où coule le lait et le miel ? S’il nous est donné de voir de loin cette terre promise, ne passons pas, indifférents devant celui qui, à notre porte ou dans notre maison, fatigué de sa longue et douloureuse traversée, attend un sourire, un mot qui parle de terre promise, pour se relever et oser la traversée d’une Mer Rouge. Nous ne pouvons pas sauver tous les égarés de la terre. Mais pour celui sur qui nous portons jour après jour un regard qui espère, ça peut faire une petite différence.

Des milliers d’« étoiles de mer » échouées sur nos plages ensoleillées attendent une main secourable pour les remettre « à flot » ! Ouvrons nos yeux, tendons nos mains. Si chacun redonnait, ne serait-ce qu’à une de ces étoiles échouées sur les rives de nos vies tranquilles, le retour à une mer accueillante et rassurante, cela pourrait bien changer la face douloureuse de la terre !


Commentaires

Le petit garçon et les étoiles de mer
vendredi 26 janvier 2018 à 11h04 - par  yvette simon

Merci Jeanne pour ce nouveau p’tit billet empreint de fraîcheur et de poésie ;
comme chacun , il "fait -aussi- une différence ;
telle ’la graine de moutarde’ de l’Evangile de ce jour qui ne demande qu’à être semée ;
tel ce « petit geste apparemment sans importance »

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