« La peur des migrants n’est pas une peur chrétienne "

samedi 20 janvier 2018
par  Sr Françoise Lelièvre
popularité : 28%
0 vote

Le 13 janvier 2018, à la veille de la Journée du migrant et du réfugié, l’archevêque de Paris a invité les prêtres et les membres des conseils pastoraux à une matinée de réflexion sur les migrants.
Au programme :
• Introduction sur l’actualité des migrants et des migrations, par le directeur du CEDRE (centre d’entraide dédié aux demandeurs d’asile et aux réfugiés du Secours Catholique)
• Témoignages de migrants et de ceux qui sont à leurs côtés, prêtres ou laïcs
• Présentation de ce qui se fait dans les paroisses de Paris, par vicariat – initiatives et projets en cours
• Échanges et partage
• Les outils mis à la disposition des paroisses

J’ai eu la chance d’y participer et j’ai trouvé très riche et très éclairante cette matinée. Nous étions environ 400, prêtres, religieuses et laïcs, membres des Conseils pastoraux de nos paroisses. Plutôt que de vous raconter en détail, je vous partage une interview de Mgr Jachiet dans notre journal diocésain Paris Notre-Dame. (Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, est chargé de la Pastorale des migrants au sein de la commission épiscopale pour la mission universelle de l’Église). Cette interview résume bien ce que cette matinée nous a fait découvrir. Une matinée conclue par notre nouvel archevêque Mgr Michel Aupetit.

Paris Notre-Dame – Pourquoi mettre, aujourd’hui, à l’ordre du jour du conseil élargi de l’archevêque, la question de l’accueil des migrants ?

Mgr Denis Jachiet – Nous avons voulu nous préparer à deux événements majeurs : la Journée mondiale des pauvres, le 19 novembre, et la Journée mondiale du migrant et du réfugié, le 14 janvier. Paris est une plaque tournante de flux migratoires. Actuellement, 56 paroisses parisiennes font quelque chose pour les migrants. Certaines accueillent des familles, d’autres proposent des cours de français, de l’aide juridique… Mais nous voulons lancer quelque chose de neuf. Ces deux journées sont l’occasion de le faire. Même s’il est encore trop tôt pour détailler notre projet, nous voudrions offrir la possibilité aux paroisses d’entendre des témoignages de migrants, de les rencontrer. Nous voudrions ainsi que, dans chaque paroisse, il y ait un ou deux « témoins » qui puissent relayer à la communauté la réalité du terrain. Une fois que les paroissiens sauront par exemple que, parmi ces migrants, il y a des mineurs qui réussissent leurs études malgré les drames qu’ils ont traversés, le regard porté sur les migrants sera différent.

P. N.-D. – Pourquoi est-il encore nécessaire de penser des initiatives afin de changer le regard que certains peuvent porter sur les migrants ?

D. J. – Parce que,face aux migrants, la plupart des gens ressentent un danger. Ils les assimilent, je crois, à des peurs ancestrales liées à la question des invasions et à la peur de l’islam. Mais cette peur n’est pas chrétienne. Une peur chrétienne serait une peur de pécher, de ne pas vivre l’Évangile. La peur païenne, c’est la peur d’être envahi. Et celle-ci nous conduit à ne plus penser l’Évangile comme un trésor à annoncer mais comme une espèce de capital en train de se perdre pour des raisons géopolitiques. C’est triste. C’est prendre l’Évangile à l’envers.

P. N.-D. – Le pape ne cesse de le rappeler. Mais il s’attire les foudres de certains…

D. J. – Le pape François s’inscrit dans une époque où les flux migratoires en Europe augmentent. Les nations européennes tentent de gérer ces flux. Mais elles le font malheureusement en ordre dispersé. Il y a des échéances politiques : notamment ces deux accords mondiaux sur la question de la migration qui se négocieront en 2018. Tous les États, y compris le Vatican, doivent apporter leur vision des choses. Mais le pape n’est pas naïf. Il n’est pas contre le devoir des pays de réguler les flux migratoires. Il rappelle juste le message de l’Évangile, de la doctrine sociale de l’Église, à savoir qu’on ne peut pas être indifférent à son frère. Une fois qu’une personne est entrée sur notre territoire, nous ne pouvons pas la considérer comme une chose. Nous avons le devoir de l’accueillir, de la protéger, de la promouvoir et de l’intégrer. « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » C’est la rencontre avec le Christ qui se joue.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat
NB : N’hésitez pas à chercher le site : Vivre la charité à Paris


Commentaires

Logo de Sr Françoise Lévêque
« La peur des migrants n’est pas une peur chrétienne "
samedi 20 janvier 2018 à 08h04 - par  Sr Françoise Lévêque

Merci, Françoise, pour ce bon article, il nous interpelle toutes et tous.

Bouton Facebook Bouton Contact
image Jésus
Facebook

Agenda

<<

2018

 

<<

Avril

>>

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456