Jeudi 27 septembre 2018

Rentrée !

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Après la dispersion de l’été, voici le retour aux activités habituelles. Le retour aussi au « vivre ensemble », au dialogue routinier en famille, en communauté, au travail ; dialogue que Gabriel Ringlet, qualifie de « combat amoureux ».

Nous allons reprendre nos discussions animées et nos « combats », chacun(e) cherchant parfois à faire triompher ses idées comme étant la seule vérité et à obtenir la satisfaction de ses propres besoins, comme s’ils étaient les besoins de tous. Personne ne possède le monopole de la vérité, ni la recette du vrai bonheur. Nos combats seront amoureux si chacun(e) accepte que son chemin dans la recherche de l’amour, de la joie, du don de soi, ne soit pas le seul. Savoir que mes certitudes habitent le provisoire. Etre prêt à remettre en question des convictions profondément enracinées, être prêt à affronter le doute, oser demander sans exiger. Expérience décapante ! Accepter que ma vérité sorte blessée du combat amoureux avec d’autres vérités. Suis-je prêt à ce dépouillement qui est aussi un rajeunissement ?

Suis-je prêt à poursuivre l’aventure du « vivre ensemble », dans l’inconfort d’un « non-savoir » ? Dans le respect des jardins secrets. Sans réponse définitive à ces questions que chacun(e) se pose : « Pour vous, qui suis-je ? Et toi, mon frère, ma sœur, mon ami, mon collègue qui es-tu vraiment ? »

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Il ne s’agit pas de chercher un consensus facile, d’arrondir les angles, de se complaire dans je ne sais quelle paix molle, fade et terne, qui serait un manque de respect mutuel. Ne cherchons pas à nier, encore moins à gommer les distances qui nous séparent, les couleurs, les accents qui nous distinguent. Tissons ensemble une toile où se croisent des fils arc-en ciel dans un projet commun.

Le dialogue est fait de visitations mutuelles. Ouvrons notre porte à l’autre. Osons aussi frapper à sa porte, sans provisions, sans prévisions, en abandonnant toute certitude, tout désir de convaincre. Accueillir ou rendre visite à celui qui partage nos idées et notre art de vivre, paraît assez facile. Mais oser frapper à la porte de celui qui est assis tous les jours à notre table et qui pense autrement, agit et réagit autrement, cela requiert un vrai goût de l’autre et un certain désir de rencontrer le Tout Autre. Nous découvrons alors que celui dont nous pensions être proche peut parfois s’éloigner et celui qui paraissait lointain se faire proche. Le frère peut être plus étranger et plus mystérieux qu’on ne le croit et l’étranger, plus frère qu’on ne pense.

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Bonne année de « combats amoureux » en Eglise, en famille, en communauté, au travail. Franchissons les limites de nos champs à la découverte de « terres inconnues », parfois toutes proches. Ouvrons nos barrières pour accueillir des semeurs de graines nouvelles dans nos terres souvent en manque d’assolement.