Dimanche 1er juillet 2012

J’ai rencontré la Charité… Enregistrer au format PDF

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J’ai eu la grâce de vivre quelques jours tout près de nos « sœurs aînées » de la Maison Mère.

C’était une période de retraite spirituelle.
Avec elles, j’ai reçu, goûté, médité la Parole de Dieu, savoureusement dispensée par Sr Valentine.
Ensemble, nous avons prié, chanté l’Amour du Seigneur.
Et j’ai respiré, dans ce groupe, un parfum de paix, de fraternité, « d’entre- service ».
Bien sûr, chacune, là aussi, connaît ses périodes de brouillard, d’orages… Mais en regardant les sœurs, le personnel, en m’imprégnant de cette atmosphère, je me redisais : "C’est bien une Maison de Charité " ! J’ai beaucoup reçu, durant ces jours.

Et me revenait la parabole du grain de sénevé qui, au terme d’un enfouissement, de petites morts, de nuits, de coups de vent, devient un grand arbre, refuge des oiseaux du ciel.

Je dédie aux sœurs de la maison de retraite ce petit « poème » inspiré de la parabole.

Mon arbre

« … Et les oiseaux du ciel s’abritent dans ses branches » Luc 13, 19

J’avais dans mon jardin un arbre . Un petit arbre, en vérité ! Né de quelque folle graine Semée au caprice du vent…

La graine avait germé, L’arbre avait poussé, Docile et sans surprise, Ajoutant à chaque saison Quelques centimètres de ramure, Quelques bouquets de feuilles vertes, Quelques corolles vite éparpillées… Quelques fruits, tout de même…

Des années durant, Il n’eut, dans sa bonne tête d’arbre, Qu’un seul désir : se pousser vers le ciel ; Qu’un seul passe-temps : se bercer dans la brise ; Qu’un seul souci : résister à la bourrasque. Il avait vu des passereaux se poser un instant, Il avait écouté leur ramage. Il avait bourdonné d’insectes frémissants… Il avait vu, très haut, passer un vol d’oiseaux sauvages… Il avait vu courir au ciel un troupeau de nuages. En lui se glissa le tourment : « Qu’y a-t-il donc, au loin, tout au bout de la plaine ? D’où vient le vent quand il galope à perdre haleine ? Qu’y a t-il donc ailleurs , que je ne connais pas ? Il eut beau questionner ses amis de passage, Nulle réponse, vraiment, ne l’apaisa.

Et l’arbre devint triste, Si triste qu’il perdit toutes ses feuilles…

Plus d’ombrage… plus de visiteurs ! Il resta seul… Ce fut un hiver bien morose !

Mais revint le printemps, plein de senteurs nouvelles ; La vie qui bouillonnait monta, flot généreux. Poussèrent les feuilles vertes, S’ouvrirent les pétales délicats, Nichèrent les oiseaux bavards. L’arbre s’emplit de fleurs, de feuilles et de gazouillis, Comme un grand bouquet de joie et de vie ! Il enfonça bien fort ses racines en terre, Aspira longuement la sève nourricière, Et la vie, de nouveau, chanta en lui !

Il réfléchit : « Pourquoi scruter les horizons ? Pourquoi rêver de l’aventure ? Etre un arbre, c’est ma nature, Pousser, fleurir, c’est ma raison ! A rester seul, le temps me dure. Pour faire fruit, bien courte est la saison ! »

J’ai dans mon jardin un arbre. Un vieil arbre, en vérité ! Les vents ont torturé ses branches, une à une, Le temps a buriné l’écorce brune, Mais dans les plis du tronc noueux, Mille oiseaux s’abritent, joyeux .

Et mon arbre est très heureux !

Vos témoignages

  • Thérèse Revault 26 septembre 2012 16:14

    Bravo Simone pour ce poème qui « donne à penser » et encore plus à « rendre grâces » pour ces vies de nos Soeurs aînées . Tu as « rencontré la charité » !!! Un beau cadeau !

    Puissions- nous la rencontrer aussi dans nos petites communautés aux vies « données sans compter » , nos communautés tendant à devenir , modestement mais avec persévérance, « un corps fraternel pour la Mission » . Oui, soyons encore et toujours heureuses d’être « liées à celle que Dieu nous a associées » ! Merci encore et union