Mercredi 22 mai 2013

« Le changement c’est maintenant »

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L’heure est venue de « passer sur l’autre rive…

Pas besoin d’être Président de la République pour adopter ce slogan ! Partout on parle de changement, de stratégie de changement, d’oser des déplacements. Les religieux appelés à une autre Mission « ont leur changement ». Mais réaliser un changement n’est pas chose facile.

Accepter un changement, si petit soit-il, c’est se lancer dans une aventure qui peut nous mener là où nous n’avions jamais pensé arriver. Passer du connu à l’inconnu fait peur ! On sait ce qu’on tient, mais on ne sait pas si le changement tiendra ses promesses. Ne risque-t-on pas, comme les Hébreux, de regretter les oignons d’Egypte ?

Un changement ce n’est pas seulement faire ses valises, quitter un lieu pour s’établir ailleurs.
C’est renoncer à cette terre si longtemps foulée qu’elle colle à nos souliers.
C’est renoncer aux idées fixes qui font leurs nids dans nos têtes, à des habitudes et des manières de voir, à des ronronnements sécurisants, à des principes et traditions sacro-saintes !
C’est renoncer à des paysages familiers, à un tissu de relations.
C’est laisser le cœur parler plus fort que la raison !
C’est écouter en nous le poète qui invite au voyage.
C’est répondre à l’appel de Celui qui nous invite à passer sur l’autre rive.
C’est résister à la tentation de faire la sourde oreille. C’est s’arranger avec la peur. Certains qui ont osé la traversée font signe de l’autre côté et leurs voix, au loin disent que l’autre rive réserve de bonnes surprises à ceux qui ont osé l’aventure.

- Oui, mais moi j’ai besoin de voir pour croire ! – Alors la seule solution n’est-elle pas d’aller voir ? Si tu crois ceux qui t’attendent, le passage sera plus facile !
- Oui, mais je ne sais pas nager ! - Bouge un peu le long de ta rive et tu trouveras un gué !
- Oui mais, si je ne me plais pas sur l’autre rive, pourrai-je revenir ? - Bien sûr, mais réfléchis bien, car si l’envie t’en prenait, tu risquerais de tout perdre car tu ne retrouverais rien de ce qui te retient aujourd’hui.
- Oui, mais je suis bien installé de ce côté-ci de la rivière et « Un tiens, ne vaut-il pas mieux que deux tu l’auras » ? - Fais confiance à la vie ! Partout elle te précède. Tu la reconnaîtras en celui qui a dit : « Je suis la Vie ».
- Oui, mais il y a tant de choses auxquelles je tiens et que je voudrais emporter. - Ah ! on ne peut tout emporter ! Seulement l’essentiel !
Mais qu’est-ce que l’essentiel ? Sait-on ce dont on aura le plus besoin ? le matelas, les victuailles, les bijoux de famille, le chat, quelques vieilles photos, un petit livre. La décision presse. Ce qui est sûr c’est qu’on ne peut pas tout prendre. Et au moment du déménagement, on ne peut pas ne pas se dire :
« comment a-t-on pu amasser tant de choses ? »
Qu’allons-nous emporter qui fasse vraiment corps avec nous, qui puisse être force et flamme sur toute rive ? Tant de gués sur les chemins, depuis cette nuit où Abraham toucha la main de Sara : « faut ramasser les affaires ».

Quand on traverse une rivière on n’est pas rassuré, car on se demande sans cesse si le pas suivant trouvera sol ferme pour se poser. Mais si vous savez que le gué est là, et si le goût de l’autre rive vit en vous plus fort que la peur… Allez, mettons les chaussures autour du cou, car on ne passe pas le gué sans se mouiller ; tenons-nous par la main, car nous aurons le pied et le courage plus solide.
Parfois le gué n’en finit pas. Le brouillard s’attarde sur la rivière. Si nous nous croyons à l’avant-garde, n’oublions pas ceux qui sont restés derrière. Peut-être serait-il bon parfois de revenir vers eux pour leur dire que le sol reste ferme en avant. Petits pieds ou grandes enjambées, que personne ne soit assez sot pour avancer seul ou pour penser qu’il n’a pas besoin de tous les autres. Au fond il n’y a jamais eu qu’un chrétien, et il est mort sur la croix. Depuis vingt siècles il ne cesse d’aller de l’un à l’autre au long du gué. (Gérard Bessière)
Le changement c’est maintenant ! L’heure est venue de « passer sur l’autre rive »

Vos témoignages

  • marie-reine morvan 8 novembre 2013 10:44

    merci ! cf « Aujourd’hui = maintenant, le salut est entré dans cette maison » --- « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Ecriture » oui le changement c’est toujours pour le main-tenant de Dieu et nous par son ESPRIT qui est SAINT

  • Marie-France Cavaloc 29 août 2013 09:52

    Jeanne, C’est le bon moment pour nous donner cela à lire. Changer… même si c’est sur place, quel rajeunissement possible ! merci Marie-France Cavaloc

  • Thérèse Revault 26 mai 2013 08:54

    Encore une fois , tu nous donnes à penser , Jeanne ! Merci . Un texte à imprimer pour de bonnes et utiles « reprises ». Thérèse Revault