Samedi 11 août 2018

L’abondance avec des moyens faibles

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Nous avons lu le récit de la multiplication des pains selon Jean 6, 1-15. nous y avons lu l’annonce de l’Eucharistie. Chaque moment du récit est important ; chaque moment peut nous étonner aujourd’hui encore !

La foule est là, (ils sont cinq mille !) avide d’entendre encore des paroles qui font du bien, espérant voir à nouveau des signes de salut de la part de Jésus. La foule est là… et elle a faim ! Comment rassasier tant de monde ? Apparemment, les moyens n’y sont pas : dans la foule, on repère qu’« un jeune garçon a cinq pains d’orge et deux poissons. Qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » On sait la suite : Jésus prend le pain et, après avoir rendu grâce, le distribue aux convives. De même pour le poisson… Et chacun reçoit selon sa faim… Mieux : il y a des restes ! Mais que rien ne se perde, dit Jésus. Et les restes rassemblés remplissent douze paniers !

Quand les moyens sont faibles, que nous ne nous sentons pas à la hauteur, la tentation n’est-elle pas de baisser les bras comme le disciple Philippe qui, dubitatif, dit à Jésus : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger » ? Mais la mise en commun des petits moyens, le consentement à partager le peu qu’on a (compétences, temps…) peut aboutir à des résultats étonnants… Nous le constatons en vie associative.

Plus, nous croyons que Jésus peut, de nos faibles moyens faire surgir l’abondance. Le geste de Jésus vient parfaire, accomplir ce qu’avait déjà réalisé jadis l’homme de Dieu, le prophète Elisée.

C’est même de la surabondance puisqu’il y a des « restes ». Au temps d’Elisée, « il en resta »…, sans autre précision. Pour l’événement raconté par Jean, « ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus… » Les 12 paniers ne désignent-ils pas l’humanité entière ? Entendre aujourd’hui la parole de Jésus : « que rien ne se perde » et jeter un regard sur ce qui se passe autour de nous, peut nous faire réfléchir et pousser à agir !

Nous pouvons aussi remarquer que la foule fait corps pour rendre grâce. Elle devra pourtant parcourir un long chemin pour reconnaître Jésus comme seul Seigneur et le suivre… Le reconnaître non comme un roi triomphant mais comme le bon berger qui nourrit son peuple. Paul, dans son Epitre aux Ephésiens, souligne dans le partage de l’unique pain, le signe de l’unité de tous les disciples du Christ ; il exprime sans cesse ce souci de faire grandir l’unité de tous dans « un seul Corps et un seul Esprit ».

Nourris du même pain, puissions-nous grandir dans cette unité !