Jeudi 21 novembre 2013 — Dernier ajout samedi 8 novembre 2014

L’Ashourâ à Pontanézen Enregistrer au format PDF

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Ouverture aux différentes cultures et signe d’une possibilité d’un bien vivre-ensemble

Invitée à la fête d’Ashourâ par la communauté turque, la communauté a dû se scinder pour honorer les intérêts et les obligations des unes et des autres… Choix parfois difficiles… tant les intérêts sont multiples et les sollicitations nombreuses !

Ashourâ ne figure pas parmi les fêtes les plus importantes de la tradition musulmane. Ashourâ  : fête importante surtout pour les chiites, nous disent les documents officiels. Elle célèbre la mort de Hussein, petit-fils du Prophète après avoir tenté de se faire proclamer calife… Ashourâ  : fête du salut de Noé dont l’arche se serait échouée au sommet du Mont Ararat après un déluge de 40 jours ; fête qui symbolise l’espoir et le retour à la vie. La tradition de ceux qui nous ont invités leur raconte qu’arrivé là-haut, l’équipage de Noë aurait confectionné un repas de toutes les graines qui restaient pour fêter son salut.

L’ashourâ que nous avons vécue est avant tout une rencontre conviviale qui permet aux émigrés turcs de l’agglomération brestoise, peu nombreux, de se retrouver, de se soutenir… peut-être aussi de conforter leur identité. L’invitation de quelques personnes de tradition chrétienne se veut ouverture aux différentes cultures et signe d’une possibilité d’un bien vivre-ensemble Car la conversation avec eux, jeunes et moins jeunes, a mis en évidence cette difficile synthèse de double appartenance. « Je suis dans l’entre-deux », nous dit L, étudiante à l’École de Commerce International et heureuse de son choix. « À la maison, tout est turc : langue, alimentation, coutumes… À l’extérieur, c’est tout autre chose !… Au pays, (ils y vont deux fois dans l’année), on nous dit : tu es française ! Alors, je me demande parfois : qui suis-je ? » Pour la première génération, aujourd’hui retraitée (et S, jeune étudiante en sociologie, camerounaise, était là à cause de son objet d’étude : enquête sur les retraités émigrés à Brest), pour les retraités, le problème se pose différemment, mais demeure…

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Soirée heureuse par l’accueil souriant, l’ambiance amicale, les conversations nouées (conversations qui enrichissent et décentrent), la dégustation d’un mets jusqu’ici inconnu : l’asure. C’est un des desserts les plus savoureux de la cuisine traditionnelle turque, mélange harmonieusement concocté : sa saveur nous a conquises ! Attention : autant de recettes que de « régions » !

N. B. Si vous voulez une recette et y goûter, on peut vous la communiquer !