Mercredi 28 décembre 2011

Conte pour Noël Enregistrer au format PDF

0 vote

Cette nuit-là, Tandis que Bethléem dormait derrière ses portes closes, La campagne alentour bruissait étrangement

Cette nuit-là, Tandis que Bethléem dormait derrière ses portes closes, La campagne alentour bruissait étrangement : Bêtes et gens, en long cortège, Affluaient à la grotte où rayonnait le nouveau-né .

Il y avait là, troupe bêlante, Des moutons, avec leurs bergers, (Ceux-là qui sont dans l’Evangile) , Et le bœuf, et puis l’âne, Et mille bêtes encore, trottinantes, voletantes, Faisant près de la crèche un joyeux ramage.

Il y avait aussi, en un coin de l’étable, Une menue fleurette en sa robe des champs, Corolle délicate, nourrie de glèbe brune. Elle avait entendu sonner les « Gloria », Et elle était venue, suivant le long chemin, Pour voir cet Enfant-Dieu Dont la naissance avait tout mis en fête !

Il y avait encore une étoile. Non pas celle des Mages, (Qui sont aussi dans l’Evangile, vêtus de soie et d’or ! ) Une petite étoile parmi les autres, Qui se tendait pour mieux voir… (A se décrocher du ciel, l’imprudente ! ) Elle avait entendu les anges, Caressée de leurs ailes . Appuyée sur l’épaule d’un nuage, Elle avait suivi le chemin de la fleur, Chacune guidant l’autre . . .

« Madame Sainte Vierge, disait tout bas la fleur, Je fanerai bien vite sans la terre à mon pied ! Mais pour l’Enfant divin, je veux faire quelque chose : S’il vous plaît me cueillir pour sa petite main, J’aurai si doux parfum qu’il en sera ravi. Et que m’importe alors de me flétrir ! »

« Douce Dame, murmurait l’étoile, Personne ne verra si je manque là-haut ! Je ferai tant briller mes rayons d’or Que votre enfant, c’est sûr, en rira de bonheur ! Je saurai bien, allez, faire douces mes pointes, Pour qu’il ne blesse pas ses petits doigts ! »

« Votre offrande me plaît, sourit la Vierge Mère, Et je la conterai plus tard à mon enfant. Mais il ne convient pas de vous cueillir : Tant d’hommes, là bas, attendent Une lueur dans leur nuit sombre, Une fraîcheur sur leur chemin ! Il faut à mes enfants qui peinent sur la terre, Des fleurs et des étoiles pour leur cœur las ! Demeurez au vallon, portez-y la nouvelle Et la joie de cette nuit ! »

Elles sont reparties, puisque dans l’Evangile, Il n’est pas parlé d’elles parmi les bergers . Elles sont retournées à leur vallon bien sage, Comme la Vierge l’avait dit . Et si l’Enfant, parfois, souriait dans sa crèche, C’est que le vent léger, dans son haleine, Apportait de là-bas un suave parfum . . . C’est que, dans la nuit noire, Une flamme veillait au firmament. L’enfant reconnaissait et la fleur et l’étoile, Et son amour brûlant leur cœur De la joie de Noël.

Vos témoignages