Lundi 12 novembre 2012 — Dernier ajout mardi 13 novembre 2012

« Consentir à être ici aujourd’hui » Enregistrer au format PDF

0 vote

« Consentir à ma terre et…l’aimer… »

Comme l’arbre, consentir à ma terre, une terre dure et rocailleuse peut-être, une terre que je n’ai pas choisie, mais c’est ma terre aujourd’hui. Invisibles, mes racines y creusent patiemment des chemins mystérieux pour y puiser la sève de vie.

Aimer ma terre. Surtout résister au désir d’une autre terre, d’un jardinier plus attentionné, de compagnons moins ombrageux, de voisins plus admiratifs, de promeneurs plus respectueux.

Si un jour mon jardinier estime que la transplantation s’impose, lui faire confiance pour le choix du lieu et de la saison la plus propice pour cette opération délicate.

Si ce déracinement m’est pénible, si je tarde à donner mon consentement, si mes racines peinent à s’enfoncer dans cette terre inconnue, faire encore confiance à mon jardinier. Certains penseront que je refuse de prendre racine. « Il épuise la terre, coupe-le ! » crieront-ils en chœur. Mais lui, mon fidèle jardinier, comme pour le figuier stérile de l’Evangile, suppliera le Maître de me donner encore une chance, « Laisse-le encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit l’année prochaine ». (Lc 13, 6-9).

En toutes saisons, répondre à cette confiance.

Au printemps, attendre patiemment les douces pluies, la visite des abeilles butineuses pour féconder mes fleurs. Déployer mes branches comme des bras ouverts pour accueillir les oiseaux qui choisiront d’y faire leurs nids.

Quand le soleil brûlant de l’été oblige le voyageur épuisé à faire une pause avant de reprendre la route, il trouvera un peu de fraîcheur à l’ombre de mon feuillage.

A l’automne, saison belle et généreuse entre toutes, à ceux qui savent admirer j’offrirai l’or de mes couleurs et à ceux qui voudront bien les cueillir la saveur de mes fruits.

Quand soufflera le vent d’hiver, quand se lèveront les tempêtes, me laisser dépouiller de quelques feuilles, de quelques branches déjà mortes. Faire confiance à mes racines qui s’accrochent et s’enfoncent encore plus profond pour y puiser la force de tenir aussi dure que soit la tourmente !

Et quand l’heure sera venue, m’abandonner doucement à la terre de « repos » (Ps 95)

Vos témoignages

  • Thérèse Revault 17 novembre 2012 15:06

    Merci encore Jeanne pour ce beau texte si « stimulant » . Il n’est pas toujours aisé de consentir à « notre terre » mais n’est-ce pas une manière forte de redire notre Foi en l’Esprit qui l’habite , aujourd’hui comme hier ?

    Continue, Jeanne, à nous écrire des messages beaux et ressourçants ;je les reçois avec bonheur …d’autres aussi, certainement ! Thérèse R.