Vendredi 9 octobre 2015 — Dernier ajout lundi 26 octobre 2015

Comme l’enfant

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« Si vous ne devenez comme des enfants, vous n’entrerez pas dans la Maison de Dieu ». Nous ne savons ni le jour ni l’heure, mais nous savons que « sur le seuil de sa maison notre Père nous attend » et pour certains, étant donné leur âge, ça ne saurait tarder ! « Quand j’entrerai chez Dieu, c’est l’enfant que je fus qui me prendra par la main » (Bernanos). Alors qu’attendons-nous pour réveiller l’enfant qui sommeille en nous ? Ce n’est pas à la dernière minute qu’il est bon d’y penser. D’après Jean Debruyne, avancer en âge, c’est se préparer à une nouvelle naissance : « C’est une erreur de croire qu’il faut naître pour vivre. C’est tout le contraire : Il faut vivre pour naître, car vivre c’est accoucher de soi-même ». Avancer en âge serait donc se préparer à l’accouchement de l’enfant qui sommeille au creux de nous, depuis que nous avons pensé devenir une grande personne, préférant l’évidence à la candeur, la sagesse à un brin de folie, le savoir à la poésie du jeu, la maîtrise de soi à la spontanéité.

Dès maintenant, serre bien fort la petite main de l’enfant que tu as été : Il va marcher avec toi sur le chemin tracé par amour, rien que pour toi. Il t’apprendra qu’aimer c’est te laisser aimer, à la fin, quand tu n’as plus rien à donner, comme au commencement, quand tu n’avais encore rien à donner et tout à recevoir.

Il t’apprendra que tes sourires offerts chaque jour, valent toutes les perles du monde. Il t’apprendra à recevoir gratuitement ton pain quotidien, sans l’avoir gagné. Il t’apprendra à accepter les décisions que d’autres prennent pour toi. Il t’apprendra à obéir sans vouloir toujours tout comprendre.

Il t’apprendra ce que regarder, entendre, toucher veut dire. Il t’apprendra à t’émerveiller devant l’oiseau qui prend son envol, La grenouille qui saute dans l’herbe, La libellule qui danse au soleil. Il t’apprendra à t’étonner de l’évidence. Il t’apprendra à rire sans modération et à pleurer sans honte. Il t’apprendra à vaincre ta peur dans le noir de l’avenir.

Quand tes jambes fatiguées de t’avoir si longtemps servi refuseront de répondre à ton désir d’aller vers les autres, il te rappellera tes premiers pas mal assurés. Et tu te laisseras porter. Il t’apprendra à accepter humblement et en toute confiance, le bras qui s’offre à toi pour la traversée des passages difficiles et dangereux. Quand tu seras assigné à résidence, comme un retour à ton berceau originel, il t’apprendra à t’en remettre aux autres pour tous tes besoins. Il t’apprendra à « voir au-dedans la vie que plus n’auras dehors ».

Fais confiance à ton cœur d’enfant retrouvé Où il te dira d’aller, va, sans peur, sans connaître à l’avance la longueur et les aspérités de la route qui te reste à faire, ni ce qui t’attend au bout du chemin. De tout ce que tu as appris dans ta longue ou courte vie, tu peux tout oublier, sauf ceci : tu vas vers la maison du Père !

Vos témoignages

  • Sr Amandine Bagot 12 octobre 2015 17:28

    Merci Jeanne ! Ton texte ne laisse pas indifférent ; je le trouve très dense… A travers les années qui passent, c’est un appel à ne pas déconnecter le spirituel du réel